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Mon 1er Ironman 70.3 à Nice

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Mi-juin après ma récupération du marathon du Luxembourg, je débutais ma préparation pour l’Ironman 70.3 de Nice. Mon coach David Bardi m’avait donc concocté un programme s’étalant sur 3 mois afin de me préparer au mieux pour cette épreuve. Lors de ces 12 semaines, je n’avais qu’un objectif, me présenter sur la ligne de départ le mieux préparé possible !

Après une nuit agitée avec bébé qui a eu du mal à s’endormir, le réveil à 5h du matin, ça pique !

Je prend le temps de me laver, de manger et boire un thé chaud avant de prendre la route vers la promenade des Anglais. J’arrive vers la ligne de départ à 5H45, je me dirige vers le parc à vélo où il règne cette atmosphère particulière d’avant course. Je me sens bien, j’ai hâte d’en découdre.

Nous sommes plus de 2800 athlètes et ça grouille de monde entre les uns qui vérifient une dernière fois la pression de leur vélo, ceux qui s’échauffent et ceux qui déposent leurs sacs d’après course.

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Je me présente sur la ligne de départ 10 minutes avant le départ des pros. Ayant fait une sortie en 31 minutes en début de semaine je me mets, comme préconisé par mon coach, dans le sas 32 minutes ; entre temps je croise Laurent Jalabert qui lui choisit un sas en moins de 30′.

7h, départ des pros, le soleil est au rendez-vous, il se lève à peine, c’est magnifique. Le public est enthousiaste et applaudit les athlètes sous le rythme donné par le speaker. En tant qu’amateur, le départ s’effectue en « rolling start » (8 athlètes par tranche de 7 secondes). Quelle ambiance, le groupe Ironman ne fait pas les choses à moitié !

Ça y est, c’est à mon tour de partir, l’eau est à 24,3°C avec la combinaison je m’élance direct.

Je commence par prendre un rythme rapide sur les 100 premiers mètres puis j’installe un rythme de croisière plus lent que ce dont je suis capable. Le rolling start permet de ne pas être gêné par les autres concurrents mais il y a beaucoup de houle et je commence à boire pas mal d’eau de mer. Ma montre vibre aux 500m puis aux 1000m, je me retrouve au large de la promenade des anglais et j’ai une envie irrésistible de regarder la côte, je lève la tête, c’est magnifique ! Arrivé au virage retour, je commence à avoir pas mal de buée dans les lunettes et il y a beaucoup plus de concurrents autour de moi. Plus possible d’accélérer je reste dans les pieds en évitant de trop me faire chahuter. Les derniers mètres sont très longs, j’entends ma montre vibrer pour m’indiquer 2000m de nage, je vois l’arrivée qui me paraît encore loin. Je sors enfin de l’eau après 41 minutes de nage et 2180 mètres au total.

Etant plutôt frais, j’essaie de faire une transition rapide en 5 minutes. La zone de transition est très étalée et mieux vaut connaître l’emplacement de ses sacs et de son vélo parfaitement.

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Je commence la partie vélo en essayant de me ravitailler un maximum sur les 10 premiers kilomètres avant d’arriver à la première difficulté, la montée des Pugets avec une partie à 15% de dénivelé. Je me sens bien sur la partie vélo et je double pas mal de cyclistes qui sont plutôt de bons nageurs. Comme indiqué par mon coach, je bois quelques gorgées toutes les 7 minutes et du solide toutes les 30 minutes. J’ai noté sur mon cadre de vélo toutes les difficultés ou zones de ravitaillements prévues sur le parcours, ce qui m’aide à gérer mon effort.

Au 27ème kilomètres nous entrons dans le col de Vence, c’est parti pour 10km de montée à 7%, le paysage est magnifique, à couper le souffle, au loin on distingue à peine la mer Méditerranée, et au premier plan on découvre le paysage pré-alpin avec ses superbes villages. Le public est là pour nous encourager.

J’arrive en haut du col de Vence (km36.5) au bout d’une heure quarante d’effort en vélo, je sais que le plus dur est fait, le reste du parcours est presque uniquement de la descente, à priori simple et reposant, mais je réalise ces 50 derniers kilomètres avec une moyenne à 40 km/h ; j’ai alors le plus grand mal à me ravitailler, le parcours est accidenté avec de nombreux virages difficiles à prendre à grande vitesse. J’y croise un coureur qui a fait une chute et d’autres qui font des réparations sur leurs montures. Je fais donc très attention, sur les derniers kilomètres, j’en profite pour me ravitailler avant de commencer la course à pied en gardant un rythme souple.

La partie vélo est terminée en 3h09 avec pas moins de 1200 mètres de dénivelé. Ma transition se déroule en 4 minutes et je commence ma course à pied en 4:15 au kilomètre car je me sens bien et en plus poussé par ma famille qui m’encourage.

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Mais petit à petit, je ressens une douleur à l’estomac qui m’empêche de garder ce rythme. Je me ravitaille à chaque zone prévue à cet effet, mais au 5ème kilomètre, ce mal de ventre est accompagné d’envie de vomir. Il commence à faire très chaud et je me demande si cela est dû à la fatigue, un coup de chaleur, ou une mauvaise digestion des boissons énergétiques. Je passe le 10ème kilomètres sous les 50 minutes mais je sais que je ne pourrais pas continuer le deuxième tour sur ce rythme. Ce parcours sur la promenade des Anglais est roulant mais difficile mentalement ; repasser au même endroit une deuxième fois n’est pas chose aisée. J’alterne course à pied et marche sur ce tour. Impossible d’avancer ! Sur les 2 derniers kilomètres, je donne tout ce qu’il me reste pour continuer de courir, porté par le public, je ne peux qu’avancer ! Je vois enfin la ligne d’arrivée, c’est un grand soulagement, j’embrasse ma femme, ma fille et salue ma famille qui m’attendent avant le passage sous l’arche de finisher !

Ça y est je l’ai fait ! 1H53 de course à pied pour enfin en finir.

Au final, je finis 701ème sur 2278 finishers avec un temps de 5h53. Fier de l’avoir terminé et heureux d’avoir participé au premier 70.3 de Nice.

J’en garderai un souvenir incroyable, pour moi cette course, c’est un public incroyable présent pour vous encourager depuis 7h du matin, des paysages à couper le souffle, et une organisation au top, avec à l’arrivée un stand massage et pasta party sous le théâtre de verdure pour nous laisser nous reposer avant de récupérer nos vélos et sacs de transition.

Je remercie mon coach David Bardi pour ses plans d’entrainements, et aquaman pour la combinaison qu’ils m’ont prêté !

Aurélien Alenda

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