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J’ai vaincu le PatagonMan

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« La course se passe dans une région du Chili d’Aysen, la moins peuplée du pays car assez inaccessible ; il n’y a que 12% des routes goudronnées (on a dû en prendre une bonne partie). Le parcours de la course ne passait jamais 2X au même endroit. C’est donc un long périple de 220 km à travers la Patagonie que propose ce Patagonman.

Rendez-vous est donné ce dimanche matin à 1h30 sur la place principale de Coyhaique afin de prendre le bus pour rejoindre le ferry à Puerto Chacabuco à 70 km de là. Les vélos confiés la veille sont déjà en place sur des supports par numéro de dossard sur le parking du port. Check du bike, préparation du matos, dernier « caca de la peur », enfilage de la combi et à 4h00, on embarque. Il fait nuit. Il y a un vent à décorner les boeufs. Derniers coucous avant que la porte ne remonte et là, on y est. On part à la guerre. Ambiance tendue sur le bateau, je discute avec les autres Français rencontrés la veille, je me sens cool, en paix, mais prêt à en découdre. Après 1h de trajet on change de direction pour se rabattre sur le plan B de l’orga à savoir partir d’un autre fjord plus abrité car les vagues sont trop fortes. La porte s’ouvre enfin. Les premiers sautent, je suis dans le dernier quart. On n’a pas encore touché l’eau que retentit la sirène de départ. Merde. Je décide de faire un salto avant pour le fun et en arrivant dans l’eau, plus de lunettes. Re-merde. Je les cherche un instant mais peine perdue, il fait trop noir. Je commence à nager, les premiers ont au moins 500m d’avance. L’eau doit être à 12°C, moins froide que prévue, je mets un peu de temps avant de trouver mon rythme dans les vagues , mon bonnet trop petit remonte sur mon crâne tant et si bien que je finis par tout enlever. Je sors enfin de l’eau en 1h27 (jamais fais un temps si pourri).

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Monia est là à la sortie de l’eau, à fond, qui m’encourage. Elle m’aide à me changer, je mange, bois du chaud et enfourche le vélo. Je me sens bien en jambes. Dès la sortie du parc à vélo je remonte des coureurs, les 60 premiers kilomètres assez plats se font en 1h30, je me sens grisé, on joue à cache-cache avec le vent. Je prends le temps tout en roulant d’apprécier les paysages qui me font penser au Seigneur des Anneaux. Cascades, sommets enneigés, lacs profonds c’est sauvage et magnifique. Monia, transportée par l’orga, m’attend au kilomètre 60, puis au kilomètre 135. Toujours bien en jambes, le gros col de la course va commencer et dans une vallée encaissée entourée par la neige, on se prend des rafales de vent qui ont failli par 2 fois me coucher avec le vélo. Dans la descente, obligé de me mettre sur le petit plateau à 12km/h ! Ensuite gros kif dans les lacets avant d’entamer une ligne droite que j’avais jamais vu en dehors des films de cow-boy. On arrive enfin à Villa Cerro Castillo.

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Les Chiliens sont peu nombreux mais à fond pour nous encourager, aussi bien sur le bord de la route qu’en voiture. Grisé par le vélo avalé en 6h40 j’ai les jambes bien entamées. Monia est à la transition, ravito, boisson…

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Et ça repart en course à pied. Je ne reverrai pas Monia avant 30 kilomètres. Les 10 premiers sont du vrai trail, des single track, des passages à gué, bref j’adore. Je remonte même 2 ou 3 gars. Après, c’est plus roulant sur une piste 4X4 poussiéreuse, les paysages sont magnifiques avec une succession de petits lacs, de forêts de hêtres blancs, des chevaux sauvages, j’en prends plein les yeux. Par contre, les jambes commencent à accuser le coup et je marche dans toutes les côtes. Il n’y a plus personne sur le parcours, je me sens infiniment petit dans cette immensité, mais aussi infiniment bien. J’arrive enfin au km 30. Monia est là, prête à courir avec moi les 12 derniers kilomètres qui vont être très, très long, surtout les 6 de la fin qui sont une immense ligne droite qui longe une rivière au pied d’une immense falaise. C’est beau, mais ça commence à tirer. Heureusement, Monia est avec moi et on finit ensemble au bout de cette ligne droite qui finit dans un lac immense, à Puerto Igniacio Ibanez. Objectif 14h et dans les 100 premiers, réussi !

Je sonne la cloche ! On y est arrivé ! On verse notre larme et à ce moment précis je sais que plus que tout j’aime celle qui m’a soutenu et accompagné… Une bière plus tard, et les fondations sont refaites. Le Patagonman est une vraie aventure à vivre à deux, c’est immense, magnifique et magique. On ne sort pas indemne de cette aventure et nous vous remercions tous de nous avoir soutenu et encouragé. On est partis de très loin pour aller encore plus loin avec un peu de chacun d’entre vous. Du fond du coeur un immense merci aussi immense que la Patagonie. Souple et cool.

Résultats

C’est un voyage qui jusqu’au dernier moment a faillit ne pas se faire tant le budget était compliqué à boucler, avec les études des enfants ; j’ai fait pendant 4 mois des livraisons chez Déliveroo afin de financer notre projet (ça fait partie de l’entraînement). Et avec tout ça, j’ai pris un plaisir énorme de faire ce triathlon, j’avais la banane du début à la fin.Nous avons rencontré une communauté de triathlètes venus de tous horizons et nous n’avons qu’une envie c’est de refaire un XTRI dans un autre pays afin de découvrir d’autres horizons.C’est vraiment à vire une fois dans sa vie ! »

Emmanuel Combette