Né en Afrique du Sud de racines française et italienne mais très vite expatrié en Nouvelle-Zélande quand il avait 11 ans, ce beau brun de 34 ans s’est d’abord fait un nom en quittant très tôt le circuit ITU, au sein duquel il tenait déjà tête au jeune Javier Gomez et autres Jan Frodeno. Si Terenzo Bozzone a connu beaucoup de succès dans sa carrière professionnelle démarrée particulièrement tôt, dès 2002 quand il a 17 ans, la distance Ironman lui a longtemps résisté. Mais depuis 3-4 ans, Terenzo a enfin réussi à imposer sa patte sur la distance reine. Personnage très attachant, compétiteur très apprécié par ses pairs, Bozzone est un charmeur toujours prêt à mettre la bonne ambiance. Mais a-t-il vraiment l’étoffe pour inscrire son nom au palmarès de Kona ?

 

 TriMag : La Nouvelle-Zélande c’est très, très loin pour les Européens. Racontez-nous ce que c’est de grandir dans ce pays ,et en quoi c’est un bon spot pour la pratique du triathlon ?

Terenzo Bozzone : Vivre et faire du triathlon en Nouvelle-Zélande c’est à la fois bien et pas bien. En ce qui concerne le lifestyle, le mode de vie autour du triathlon c’est clairement l’un des meilleurs du monde, pas si éloigné de nos cousins australiens. La mode du triathlon est à son pic et c’est quelque chose de très agréable, c’est sûr. Mais un peu comme chez vous en Europe, nos hivers sont très froids et très humides, ce qui complique quand même un peu les choses. C’est loin d’être idéal.

 

TriMag : Donc il ne fait pas toujours beau en Nouvelle-Zélande comme dans certains coins de l’Australie ?

Terenzo Bozzone : Non, non pas du tout ! Et puis, finalement, la chose la plus importante à prendre en considération à mon avis c’est qu’on est loin, mais alors très,très loin, géographiquement parlant, de ce qui se passe dans le reste du monde. En tant que pro, ce n’est donc pas toujours simple car on doit sans cesse voyager là où se déroulent les courses importantes. En fait, franchement, l’idéal est de faire ce qu’avait fait Craig Alexander à une époque quand il vivait à Boulder pendant 5-6 mois de l’année : se donner les moyens d’avoir une sorte de seconde base, mais à l’étranger, aux USA pour être clair. Moi je ne l’ai jamais vraiment fait. J’ai fait des déplacements longs d’un ou deux mois, aux USA et en Espagne avec Jan Frodeno notamment, mais je ne me suis jamais vraiment installé quelque part pour une partie de l’année. J’ajoute qu’un autre point important chez nous, et celui-ci me tient à cœur, c’est le ratio voiture / vélo qui n’est vraiment pas en notre faveur. Nous n’avons pas la culture du vélo sur la route chez nous, comme certains d’entre vous peuvent l’avoir en Europe. Et je suis bien placé pour en parler (Terenzo a été victime d’un accident de la route l’été dernier, ndlr). Encore plus avec cette expérience maintenant, et vivant donc la plus grande partie de l’année à Oakland, en Nouvelle-Zélande, je suis super prudent et j’essaie toujours d’anticiper ce que vont faire les autres véhicules. Je prends des risques, comme tous les triathlètes de la planète, mais c’est le seul moyen de pratiquer mon sport. Malgré tout cela, et malgré la faible taille de ce petit pays qu’est la Nouvelle-Zélande, nous avons quand même une belle densité de très bons athlètes dans ce sport.

 

TriMag : Oui, vous avez en effet des gens assez forts sur le circuit Ironman et surtout le circuit Ironman 70.3, même si, entre nous, vous n’avez pas vraiment de star à part vous-même et cette légende qu’est Cameron Brown. La question que je me pose c’est pourquoi vous n’allez pas plutôt vous entraîner en Australie ? Ça serait plus pratique que de traverser le Pacifique pour aller aux USA…

Terenzo Bozzone : Mais oui, je suis bien d’accord ! C’est d’ailleurs précisément ce que j’avais prévu l’an passé avant mon accident. Du coup, on va le faire cette année. On a prévu d’aller passer du temps à Noosa pour préparer Kona pendant 6 semaines. Noosa c’est un de ces paradis typiquement australien, c’est sur la Sunchine Coast, au sud du Queensland et au Nord de Brisbane. Ça sera mon « Kona build-up ». J’ai regardé les températures de l’an passé et la chaleur était importante. Donc c’est ce qu’il me faut, même s’il y fait beaucoup plus sec qu’à Kona bien sûr. Aller en Australie c’est quand même plus simple pour ma famille que de traverser le monde avec un décalage horaire de dingue. Ma femme a vendu sa boîte il y a deux ans maintenant et nous avons deux petites filles donc c’est important qu’elles puissent me suivre toutes les trois.

 

TriMag : Vous avez cette réputation d’être un des athlètes les plus sympas et les plus abordables du circuit. C’est quelque chose que vous cultivez volontairement ?

Terenzo Bozzone : En fait, je sais très bien la chance que j’ai. Faire du triathlon en tant que pro et voyager partout dans le monde dans des endroits de rêve pour pratiquer ce sport qui est ma passion, c’est rare. J’en suis conscient et donc détendu la plupart du temps, c’est vrai. Et puis j’ai une carrière qui est déjà longue, déjà riche. Ce sport m’a déjà beaucoup apporté mais j’ai cette attitude depuis le départ en fait. J’ai toujours su que j’étais un privilégié, même si rien ne m’est tombé tout cru dans la bouche. J’ai beaucoup travaillé pour en arriver là, mais je ne me plains pas. Toutes ces expériences ne m’ont laissé que de bons souvenirs jusqu’à présent. Quand à ma nature plutôt sympathique dont vous parlez, je ne sais pas. C’est à vous, les critiques, de me dire. Je suis juste comme ça. À moins qu’on me cherche vraiment des histoires, c’est vrai que je suis un mec sympa (Rires) !

Recueilli par Gaël Couturier – Photo 2XU

Intégralité de l’interview à retrouver dans TRIMAG 85 actuellement en kiosque ou disponible ICI

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