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Frenchman : Dessenoix, coup d’essai pour coup de maître

Arrivée

Le Parthenaisien Boris Dessenoix a remporté avec brio la cinquième édition du Frenchman ce samedi à Hourtin (Gironde) et ce…pour sa première participation à une épreuve XXL ! Succès d’Elodie Davy chez les féminines, qui passe sous les dix heures. 

Boris Dessenoix n’imaginait sans doute pas pareil résultat au départ de ce Frenchman. Même s’il se savait en forme, le sociétaire du Tcg Parthenay 79 a réalisé une très solide course  pour sa première sur un XXL. « Je ne pouvais pas rêver mieux. J’avais fait quelques essais sur Half Ironman et je n’en n’avais jamais passé un jusqu’ici. J’avais toujours dit que je ne ferais pas un Ironman tant que je n’aurais pas fait une performance sur Half. Mais l’année dernière, sur un coup de tête avec les copains, je me suis dit : “il faut y aller“ » a t-il soufflé, assis, comme bien repu après de 8h37’06’’ de dur labeur.

C’est que le Deux-Sévrien de 32 ans s’était élancé, comme plus de 500 autres concurrents, près de neuf heures plus tôt. Sorti en 5e position de la partie natation (54’53’’), le vice-champion de France junior (et double vice-champion de France espoir) de triathlon prit rapidement la course en main sur le vélo, à près de 40 de moyenne, tout en régularité.

Boris Dessenoix avait préparé avec une grande minutie ce Frenchman : s’il n’avait pris part à aucun triathlon cette année, il demeurait sur une probante saison de cross, ponctuée par une 52e place aux championnats de France de cross.

40 de moyenne en vélo sur un parcours ultra roulant

Au terme de la première des trois boucles de 60 km, il possédait 1’10’’ d’avance sur Jérôme Save et Edouard Entraygues. Suivait Nicolas Tardieu et Nicolas Onillon, à 2’ environ, Pierre Gaspariau, 3e en 2015 et 2e l’an passé à 4’, puis Guillaume Belgy, 6e à 6’15’’.

Nicolas Tardieu

Nicolas Tardieu

Dessenoix poursuivit sur son rythme, sous une chaleur de plus en plus suffocante, affichant une avance de 2’45’’ sur Tardieu et 4’30’’ sur Onillon aux 120 km. Save, à 6’20’’, puis Belgy, à 6’40’’ se trouvaient toujours dans le match alors que Pierre Gaspariau perdait du terrain – il finira par abandonner après avoir concédé sur le vélo 28’ de débours sur Boris Dessenoix, qui posa le vélo fort d’une avance de 5’30’’ sur Belgy, sorti de l’eau en 26e position –son point faible sur le triptyque.

Ce dernier, ancien cycliste à Vendée U –réserve de l’actuelle équipe pro Direct Energie avant qu’il n’embrasse à la suite d’un pari une carrière de triathlète-, fut le plus rapide sur les 180 km, achevé à pile 40 de moyenne sur un parcours modifié cette année et plat comme une crêpe (4h30’’21’’ contre 4h32’’31 pour Boris Dessenoix).

Soucis gastriques et gestion

Pas trop entamé par un vélo rudement travaillé à l’entraînement, Dessenoix embraya à plus de 15 de moyenne sur la première des quatre boucles de 10,5 km à pied.

« Les jambes étaient très très bonnes, même à 15 à l’heure j’avais l’impression de devoir me freiner un peu ». Mais il connut rapidement, « à partir du 12, 13e kilomètres », des soucis gastriques le contraignant à réduire le rythme. « Cela a été beaucoup de souffrance. L’allure n’était pas trop mauvaise, j’étais à 13 à l’heure, je savais que je courais au même rythme voire un peu plus vite que mes adversaires. Par contre, j’avais de temps en temps de grosses baisses de tension ; j’étais obligé de m’arrêter aux ravitaillements, d’abord pour me rafraîchir car il faisait très chaud, puis pour remanger. Je faisais de longues pauses. Ça a été long. J’allais de ravitaillement en ravitaillement. Mais j’ai bien géré l’écart ».

Guillaume Belgy

Guillaume Belgy

En effet, au semi-marathon, Boris Dessenoix (1h25’56’’) conservait toujours 8’ d’avance sur son coéquipier de club (1h28’54’’), et 7’20’’ au 30e. C’est avec la même marge qu’il se présenta à l’arrivée (3h06’24’’ sur le marathon) pour un coup d’essai qui se révéla être un coup de maître, et qui devrait sans doute être suivi d’autres apparitions sur la distance.

« Je ne pouvais pas rêver mieux » relevait-il, marqué par l’effort. Deux-Sévrien lui aussi, Guillaume Belgy (qui vit à Niort), a bouclé le marathon en 3h08’35’’ pour s’adjuger la deuxième place : « Je venais là pour faire moins de 9h. J’avais fait ici mon premier Ironman et j’avais mis 9h00’09’’. Je descends bien en-dessous, c’est vraiment une bonne course. Quand Boris s’est arrêté, je me suis dit que c’était tôt pour avoir des ennuis comme ça et que ça pouvait vite dégénérer en déshydratation, crampes ou autres. Je me suis dit que c’était toujours jouable, mais que, vu comment il court, s’il n’avait pas d’ennuis, il serait devant moi et je ne pourrais pas reboucher les sept ou huit minutes de retard que j’avais ».

Benjamin Ferraud, adossé à un très bon marathon (auteur du meilleur chrono en 2h57’46’’, c’est le seul à avoir passé le cut des 3h), a de son côté glané la médaille de bronze pour sa quatrième sur le format XXL : « Je suis très satisfait. J’espérais faire un bon truc ici, mais quand j’ai vu la starlist s’étoffer petit à petit, j’étais moins confiant. Je savais que je pouvais remonter sur le marathon, je me suis entraîné pour ça. Les deux premiers sont des bons coureurs, ils étaient trop devant et je n’ai pas pu les reprendre ».

Elodie Davy, le « gros handicap » de la natation surmonté

Côté féminin, la sociétaire de Saint-Paul-les-Dax Triathlon Ariadna Vidal Borras réalisa une natation de haut vol, avec le 8e temps au scratch (56’29’’), prenant ainsi avec près d’un quart d’heure d’avance ( !) la tête de la course. Cependant, Elodie Davy, sortie en 3e position (1h10’43’’), juste derrière Aurélie Larousse (1h09’33’’), entama sa remontée dès les premiers hectomètres en vélo. « 1h10’ en natation, je partais avec un gros handicap. Je  fais partie de celles qui font 4 km et qui ne savent pas nager droit » souriait la lauréate après-coup. Mais dans la foulée des soixante premières bornes à vélo, elle avait déjà repris presque 6’, puis de derechef 6’ sur le deuxième tour.

Ariadna Vidal Borras, en tête à la sortie des 3,8 km de natation

Ariadna Vidal Borras, en tête à la sortie des 3,8 km de natation

Logiquement et sur sa lancée, la triathlète du Dromad Erdre prit les devants peu de temps avant la fin du parcours vélo (5h07’56’’ contre 5h28’05’’ pour Adriadna Vidal Borras), poursuivant son effort sur le premier 10 km à pied, avec un peu plus de 10’ d’avance.

A 34 ans, Elodie Davy a récolté son deuxième succès sur le format (après Saint-Malo l’an passé) en passant allègrement sous les 10 heures (9h52’14’’ ; 32e au scratch et 3h29’15’’ sur le marathon) : « J’ai fait une belle remontée. C’est un beau parcours. J’ai réussi à partir dans le rythme à pied pour mettre mes adversaires à distance au semi-marathon » expliquait-elle.

« Je savais qu’il fallait que je gère et que je ne m’enflamme pas si je voulais faire un bon marathon » glissait de son côté Pauline Damiens, qui a opéré une belle remontée sur le marathon pour s’octroyer la deuxième place (3h22’21’’), devant Ariadna Borras Vidal, 3e et en souffrance sur le marathon (3h59’09’’).

Sinon, le Frenchman, 5e édition du nom (deuxième édition sous cette appellation, l’épreuve se nommait auparavant l’Ironmédoc) poursuit sa progression, avec 545 concurrent(e)s au départ ce samedi matin, à 7 heures pétantes, de la plage de Piqueyrot, sise à l’extrémité du lac d’Hourtin. Si les premiers sont arrivés sur les coups de 15h30, d’autres continuaient de s’échiner jusqu’au crépuscule…

Les top 5 de la 5e édition du Frenchman :

Hommes. 1. Boris Dessenoix, 8h37’06’’ ; 2. Guillaume Belgy, 8h44’22’’ ; 3. Benjamin Ferraud, 8h50’00’’ ; 4. Christophe Leray, 3h10’12’’ ; 5. Anthony Faye, 3h10’15’’.

Femmes. Elodie Davy, 9h52’14’’ ; 2. Pauline Damiens, 10h09’23’’ ; 3. Ariadna Borras Vidal, 10h27’06’’.

Tous les résultats ici. 

Texte et photos : Quentin Guillon.

Article complet à retrouver dans votre prochain TRIMAG !

Elodie Davy

Elodie Davy

 

Dessenoix 2

Save3

Vidal

 

 

Jérôme Save

Jérôme Save

Nicolas Onillon à T1

Nicolas Onillon à T1

 

L'arrivée des concurrents au porte d'Hourtin après 1h de course

L’arrivée des concurrents au porte d’Hourtin après 1h de course

 

Guillaume Belgy

Guillaume Belgy

 

7h du matin, top départ !

7h du matin, top départ !

Départ2

 

Edouard Entraygues

Edouard Entraygues

Gaspariau

 

2e eau

Sortie eau 2

 

Boris Dessenoix

Boris Dessenoix