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TEMOIGNAGE – Le Half Top de Porquerolles, vu par les vainqueurs filles

porquerolles

« Écris-moi un article Barbara, tu as une jolie plume et en plus tu as gagné le half … ».
Il est trop fort ce Fabien pour mettre la pression mais comment lui résister? Moi, la marathonienne convaincue, j’ai dit oui à Fabien pour ce triathlon dans le Sud le 28 septembre dernier, et je ne le regrette pas au contraire, je vais même re-signer pour l’année prochaine, mais cette fois ci ce sera la vraie discipline, la longue distance à savoir le TOP : 1,5 de natation, 34 de bike and run et 10 de trail;
Pas évident quand même, va falloir se préparer pour ne pas faire juste de la figuration… Je déteste être derrière et comme me l’a dit mon binôme durant nos derniers km de course à pied, « tu aimes être chef de troupeau »…Elle est pas mal non plus la Virginie, dans le genre… Bon, cette année, j’avais l’objectif du marathon de New york et 5 semaines après Porquerolles, ce n’était pas raisonnable de fatiguer mon corps un peu plus. Je dois apprendre à l’écouter ce corps, même si à 43 ans, j’ai du mal… Bref, comment résister à Fabien qui nous offre sur un plateau deux formules de rêve dans un endroit magique, bercé par la mer, le vent et l’accent chantant du Sud ? Il faut avouer quand même que je n’aurai pas eu un tel enthousiasme là si la course s’était déroulée à Paris.
Pour mon premier triathlon, l’idée de m’échapper 48 heures fin septembre, laissant les cartables remplis des kids, les dossiers aux bureaux et prolonger l’été nous pouvait pas se refuser. Le billet tgv est pris, je pars avec mon binôme Virginie et mon amie du même nom qui aidera à l’organisation. La détente démarre dans le train, on est comme 3 ados… le quotidien est resté gare de Lyon, on pouffe de rire, et notre voisin avec .Il nous a même écrit un mail pour nous remercier du moment passé, le voyage a défilé à vitesse grand V grâce à nous, et les zygomatiques ont fonctionnées.
Le week end va défiler comme le voyage… Arrivée à Toulon, le car affrété par le staff du TOP nous attend, direction le bateau pour rejoindre Porquerolles. On se reconnaît tout de suite entre triathlètes. Facile, avec les CamelBak et les runnings déjà aux pieds. Evidemment, on sort les i phones, la vue est trop belle, la mer limpide, le soleil d’automne se reflète sur l’eau, trop beau, c’est du Monet… Arrivée sur la terre ferme, je suis surprise par l’organisation bien rodée qui n’a rien à envier aux grandes courses : remise d’un sac avec produits diététiques, puce électronique et crèmes chauffantes. Merci les sponsors, on apprécie vos dons  pour cette seconde édition ! L’ambiance est gaie, tous heureux de se retrouver pour un même but, participer et franchir la ligne d’arrivée avec un maximum de sensations et de plaisir, surtout. La pasta Party organisée la veille est identique à celles des marathons. On se retrouve dans la cantine scolaire du Primaire, les néons sont toujours aussi forts, l’endroit est rustique mais les pâtes sont bonnes, avalées sans sourcilier, quelques crudités seront de bonne compagnie.

Le confort, c’est aussi le départ de la course à 10h30, du jamais vu, le réveil musculaire n’est pas violent, et c’est Karine Baillet, la Vice-championne du Monde de Raid Nature qui nous échauffe sur la plage avant de nous jeter à l’eau. Quelle rigolade de se voir tous en combi, pas très sexy certes mais déjà très pro…
Mon binôme me dit qu’elle nage comme une pierre, ça commence bien ! Elle va démarrer la première alors  et faire sa boucle de 750 mètres. Elle aura ainsi le temps de se reposer pendant ma nage, puisque j’effectuerai ma boucle de 750 mètres, une fois la sienne terminée. Nage à l’Australienne, comme ils disent ! Entre temps, je prépare consciencieusement  mes affaires, pas question de perdre du temps à la sortie de l’eau. Runnings, chaussettes, short et tee shirts aux couleurs de La Mouette, du surnom de mon époux pour qui nous courrons. La plongée dans l’eau est rude même avec la combi, impossible sans ! Et surtout le clapot des vagues me fait boire des bouillons comme jamais, à part  ceux de mon enfance. Dure la traversée et rien à voir avec l’entrainement en piscine. Là, j’aurai du m’essayer avant, dans la Seine ou même la veille, en repérage (j’apprends !!) Je sors essoufflée et récupère ma tenue de coureuse, enfin sur la terre ferme…mon élément. Virginie m’attend avec le VTT, identifiable en tous avec notre petit clin d’œil féminin : un joli string rose à dentelles. Au moins, on est les seules à avoir eu cette idée là, sur 140 équipes…
La stratégie de la veille va payer. Je cours 500 mètres pendant que Virginie pédale à fond. Elle  dépose le VTT sur le bord de la route et continue en courant, je prends le relais en suivant. » je ne veux pas te voir » je lui crie, histoire de ne pas perdre de temps entre les changements. Notre entente est totale, dire que j’ai fait sa connaissance il y a deux mois au cours d’un diner, alors que je cherchais désespérément mon coéquipier! La route est belle, je ne peux m’empêcher d’admirer les falaises et la mer à perte de vue. Et puis, je suis dans mes pensées, encourageant aussi mes voisins de table de la veille ou mes copines que je double, le sourire aux lèvres, heureuse d’être là malgré la fatigue qui commence à se faire sentir. Quel pied cette discipline, aucune monotonie, j’ai l’impression de voler sur mon VTT, je suis en danseuse sur les côtes ou je m’accroche aux poignées en descente, les pierres sont dangereuses, je prends des risques mais j’ai de bonnes sensations.

 

filles porquerolles

Il faut rester concentré pourtant, et je zappe les recommandations de Karine, mon esprit s’échappe, je pense à ma Mouette qui serait peut être fière de moi. Zut, je rate le vélo! En  haut d’une côte. Ma parole, qu’est – ce que c’est vallonné cette ile !  Je lève la tête et j’aperçois mon binôme qui court! Demi – tour toute, suis verte de rage contre moi, je dois récupérer le vélo et son string,  abandonné sur le bord de la route. Je reprends la course de plus belle, le Bike and Run de 17 km a été bien géré finalement, on double du monde, les Mouettes s’envolent. Il reste encore 6,9 km de course. Toutes les deux, on cherche un peu le balisage, on s’encourage mutuellement, c’est ça le vrai plus : une belle solidarité d’équipe, sans quoi cela ne peut fonctionner;  je peine, mon pied droit est douloureux, Virginie me soutient,  puis, à son tour, elle a une baisse d’énergie, je reprends le sillon, il ne reste plus que 2 km, bon sang ! C’est alors qu’on croise Karine, notre championne du monde, venue encourager les participants et qui parcourt en sens inverse les derniers km. » vous êtes la première équipe féminine les filles!  » Nous crie-t-elle.
Quoi?   Une mouche, dix mouches nous ont piqué, le pied droit est anesthésié, ma Virginie a retrouvé son entrain, on ne va pas la lâcher cette victoire, sûr que non! Et c’est main dans la main que nous franchissons la ligne d’arrivée, sur la place du village, le podium est là, on entend les applaudissements  quand le speaker nous cite, l’équipe de la Mouette, première équipe féminine du Half en 2h42.

vainqueurs filles

Essoufflées mais heureuses, il me tend son micro : « -Pourquoi ce nom d’équipe? » Mon mari est invalide depuis 5 ans à la suite d’un accident de scooter et c’est ainsi que je pense à lui ! Les larmes de joie et d’émotions sont au coin de nos yeux ! Merci Virginie, Merci La Mouette et merci à toi Fabien pour cette formidable expérience à renouveler très vite. Je m’envole pour le marathon de New York le 3 novembre prochain mais sûre que le triathlon m’a séduite, ainsi que Porquerolles et l’équipe du  TOP! Inutile de vous dire que la soirée (After-Top !) du samedi a été appréciée par tous, le vin local forcément mis à l’honneur et la nuit endiablée à la boîte de l’Ile !
A l’année prochaine Fabien, comment te résister ?
Barbara HALARY