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TEMOIGNAGE – Ironman France 2014 – By Gerard Farina

Gérard

« C’est au moment de mon arrivée à Nice début des années 90 que date ma découverte du Triathlon sur la Promenade des Anglais. A l’époque, il s’agissait du longue distance avec le fameux duo entre Mark Allen et Yves Cordier. Mon regard admiratif s’est tout de suite porté, non pas sur les premiers aux carrures d’athlètes, mais plutôt sur les derniers, ceux qui n’ont pas particulièrement le profil, pas trop jeunes, que l’on pourrait tout à fait croiser en faisant ses courses dans un supermarché ! J’étais “scotché”, comment ces personnes faisaient elles pour se lancer un défi surhumain et aller au bout de leur physique ?

C’était décidé, chaque année au mois de septembre, je viendrai encourager ces participants jusqu’au dernier. Comme je courrais un peu, des amis m’ont convaincu, assez facilement, de participer à mon premier Marathon, celui de New York en Novembre 2001, soit moins de 2 mois après les événements du 11 septembre 2001. Je me rappelle, que en arrivant en avion on voyait encore de la fumée au dessus des restes du World Trade Center ! La course a été très émouvante avec beaucoup de soutien des New Yorkais, reconnaissants car c’était la première manifestation internationale à NY après l’attentat, à ce moment beaucoup de touristes évitaient NY.

Après mon deuxième Marathon également à NY en 2002, j’ai lancé timidement à mes copains, l’idée de s’inscrire au Triathlon longue distance de Nice en 2003 (ancien format, 4 km de natation, 120 km d’un parcours vélo exigeant avec le Col de Vence et 30 km à pied sur la Promenade) .. et c’était parti, je l’ai préparé en 8 mois et je l’ai terminé en 11h10 (cut off en 11h30) et je suis resté longtemps sur mon petit nuage.

Ensuite est arrivé en 2005 l’IRONMAN de Nice; il faut savoir que j’habite à Nice à 300 mètres de la ligne d’arrivée, c’est donc mon jardin. C’était décidé, cela deviendra obligatoirement MON prochain challenge !  .. Enfin c’est ce que je me disais en 2005 .. Car en étant Chef d’entreprise on ne fait pas toujours ce qu’on veut. J’ai 55 ans et je suis dans le Tourisme d’Affaires, avec 2 agences à Paris et Nice, et dirige une équipe d’une petite dizaine de personnes, nous sommes spécialisés dans l’Accueil d’événements, séminaires, convention etc sur la France, un métier assez chronophage. J’ai dû attendre 2013 pour enfin m’inscrire à mon premier Ironman Nice (il y a que celui-ci qui m’intéresse).

Je l’ai réalisé en 10h56 avec le sourire et plutôt en relativement bonne forme à l’arrivée, je n’oublierai jamais toutes les émotions lorsque j’ai enfin passé la ligne d’arrivée avec ma fille, ouah c’est vraiment fort ! Seuls les Ironmen peuvent je pense comprendre. Mais, après avoir atteint mon but, on regarde la feuille des temps on compare etc .. On fait tous ça, et là, mes copains, Ironmen aussi, mon Coach (Fred de Coaching Attitude, je conseille vraiment de prendre un coach) se sont pas mal moqués de moi, car j’ai le record de la perte de temps dans les transitions .. 38 minutes au total ! Il faut dire que j’aime bien mon confort, et je me suis pas mal changé, les chaussettes, le cuissard etc …

Donc, j’ai décidé de refaire un deuxième IRONMAN NICE, mais cette fois-ci avec le “couteau entre les dents”, pour améliorer mes temps, c’est toujours l’objectif du deuxième. Pour en “gratter” pas mal, je me suis entrainé dur avec les copains dont le Professeur Laurent Castillo, un extra terrestre qui vient de faire son 10eme Ironman de Nice (!) et je suis devenu un adepte de la “Tri fonction” (euh, ça prend un peu de temps ..)

“IRONMAN 2”
•    Natation 1:24
•    Vélo : 6:44
•    CAP : 4:51
Temps de transitions
•    Swim to Bike 15:32
•    Bike to Run 12:30

Total : 13:28 soit une amélioration de 28 minutes sur 2013

Ma course.

Natation : On peut ce qu’on veut, certes nous sommes des guerriers, mais lorsque le réveil sonne à 4h du matin on a des “papillons” dans le ventre. La Natation est la partie stressante, surtout avec près de 3000 participants qui veulent aller au même endroit ..et que l’on nage avec des vikings ou autres gabarits nordiques aux bras démesurés. Pour éviter la bataille des premiers 1000m, je me suis mis dans le sas des 55mn et 1h05 … C’était stratégique, j’avais remarqué sur les vidéos qu’une fois lancés, il y avait de l’espace, ce qui m’a permis de poser ma nage tranquille .. Enfin sur les premiers 600 m ..

Vélo : Là, j’aime bien, car je connais le parcours par cœur, et ça aide ! Au début pas de jambes, jusqu’au Col de l’Ecre ..moins vite qu’à l’entrainement, mais je reste positif, je sais que cela va revenir. Plateau de Caussols et descente vers Gréollières, chouette, j’ai une nouvelle paire de jambes .. Puis aller retour col de vence et Coursegoules idem, mais la pluie commence à tomber, au début c’est agréable, puis moins lorsque çà tombe plus fort, que la descente arrive et que le froid vous transperce. Je réalise deux choses, je ne pourrais pas exploiter les descentes comme je l’espérais, et surtout que je n’ai jamais roulé sous la pluie ! Bein oui sur la Côte il fait beau normalement …  En plus on constate plein de choses dangereuses sur la route,  des bidons, des pompes etc .., des vélos cassés sur le bas côté et même une ambulance avec un blessé allongé en plein milieu de la route .. Ça calme ..
La prudence sera de rigueur … Mais voulant quand même réaliser un bon temps, j’ai roulé très vite sur les derniers 36km, avec 36 de moyenne ! (pour une fois j’ai eu le vent dans le dos dans la Baronne, ce qui est rare !

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CAP : Content de poser le vélo, content de retrouver mes amis et famille sur le début de parcours, le premier “chouchou” se passe bien .. Par contre le deuxième a été dur à récupérer, marche cours, marche cours, puis la grêle qui tombe … Puis le soleil chaud … mais j’essaye de me relancer à chaque fois. Pour la deuxième fois je constate que c’est cette pour moi la deuxième boucle qui fait le plus mal, je l’appelle la “no man’s land”. Ensuite, tous mes copains, famille etc .. sur le bord de la route, et aux ravitos m’ont vraiment “boosté” une ambiance incroyable, je les remercie (voilà aussi l’avantage de le faire dans son jardin!)
Je termine euphorique, en ayant des ailes je me surprend à courir à plus de 11km/h .. Il faut dire que je voulais aussi tenter de rattraper mon copain Laurent qui termine son 10eme Ironman 5 minutes avant moi.

Que c’est beau et dur l’Ironman, que cela soit son premier, ou son dixième, cette course extrême représente un test «mental». Le réel défi lors de la course, ce n’est pas de savoir si l’on va avoir mal ou si l’on va penser à abandonner, c’est plutôt de savoir comment on va réagir à ce moment et comment on va arriver incroyablement  à se surpasser … Une mention spéciale pour les Ironwomen, qui ont le courage de se lancer ce défi dans ce monde de brutes, je suis un connaisseur vraiment admiratif ! »