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TEMOIGNAGE – De Klagenfurt à Hawaii, par Olivier Spagnol

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« L’Autriche. Klagenfurt. On m’en avait parlé en bien, belle ambiance, parcours rapide. Après 5 Nice, où je m’acharnais, parce qu’à la maison, et parce que je connaissais la natation (piètre nageur et n’aimant pas trop les départs, je savais qu’à Nice je pouvais me dégager assez rapidement pour nager tranquille). Sauf que l’an passé, trop de choses en tête, peut être une certaine lassitude, j’avais dû abandonner faute de carburant au 22è à pied sur la prom. La chance m’avait permis de rebondir sur Zurich 3 semaines après, et prendre ma qualif. Mais ça m’avait permis de voir que je pouvais faire ailleurs, dans de bonnes conditions. Et donc, me faire envisager de m’inscrire sur Klagenfurt, avec un départ large. La prépa a été un peu spéciale en début d’année. Beaucoup de choses à gérer avec l’équipe, quelques soucis perso. L’impression d’être constamment en retard. A vrai dire, je flippais aussi pas mal en regardant les temps de qualif, et les avions de chasses auxquels j’allais être confrontés en M40. J’étais loin d’être confiant sur ma capacité à aller chercher le billet pour Hawaii, ce après quoi je cours chaque année. J’ai comparé les temps des 3 dernières années, j’envisageais même une inscription en backup sur Zurich qui est resté longtemps open. Donc, pas serein. Et au final, j’ai quand même compris que ça n’était pas la bonne manière d’approcher une course, et être sur la défensive n’est pas la solution. La conclusion était que je devais aller chercher la qualif à Klagenfurt et qu’il me fallait un sub 9 pour être certain, du moins quasi, d’aller dans l’île en Octobre. Et ça passait par élever le niveau en natation et en vélo.

Après un passage à Majorque, je me suis un peu inquiété sur cette capacité, surtout à vélo, avec un temps de 2h33 sur 90k. L’objectif de la préparation spécifique a donc été de retrouver un peu le niveau vélo que j’avais. C’est passé par des détails techniques. La position made in Joel Steve n’avait pas changé, donc uniquement des aspects matériels. 3 semaines d’affilée, j’ai battu mes temps sur les recos de 180 bornes, pour rouler aussi vite qu’en course sur les 2 dernières, et sur des dénivelés qui me paraissaient comparables à ceux de l’Autriche, sur les parcours qui me permettent de préparer Hawaii. J’ai aussi battu mon temps « absolu » sur 3800m. Tout se présentait plutôt bien donc. Sauf à pied, où une douleur persistante depuis 2009 et cette fois bien gênante, ne m’a pas permis de travailler correctement. Le marathon étant mon point fort, ça devenait un peu problématique d’être un peu chamboulé jusque dans cet élément. L’Autriche se présentait donc définitivement comme le changement et le challenge à relever. Fin de prépa. Boulot fait. Plus qu’à attendre. Le travail avec le kiné était en train de payer, et finalement, à la dernière séance, le Mardi avant la course, j’avais retrouvé toute mobilité du bassin, plus de douleur. Petit coup de pouce, le départ a été défini en 2 vagues. Une de 400, dont je faisais partie. Facteurs favorables.

J’ai pu repérer le parcours le Jeudi. Il me fallait faire un choix au niveau de la roue arrière et cette reco était nécessaire. Le moment de se rendre compte que le parcours rapide est en fait bien plus « piégeux » qu’on le dit. Toujours en prise, pas vraiment de zones complètement plates, une multitude de faux plats montants et descendants, des bosses sévères. Pas si facile que ça.
Une fois tous les choix techniques réalisés, je me suis rendu compte que je me sentais vraiment bien et zen.Uniquement à se concentrer sur ce qu’il y a à faire le Dimanche, sans trop se disperser. Dépôt du bike sans stress, en pensant à tous les petits détails nécessaires, ce qui est le signe pour moi que je suis vraiment dans ma course.  Bonne nuit avant le jour J. Seul petit point galère, à 4h du mat, il pleut. Pas top. Ils avaient prévu beau. Mais peu importe. On est là pour ça. Vu le temps rencontré l’an passé à Zurich, au final, ça ne peut pas être pire. Finalement, sur Klagenfurt, il n’a pas vraiment beaucoup plu. Et c’est en train de se dégager. Nous aurons finalement un très beau temps, 25-26°C. Presque idéal.

Concernant le déroulement de la course. Départ donné. Rapidement de la buée dans les lunettes, donc je n’y vois pas grand chose. Je valide qu’il y a toujours bien quelqu’un à gauche, histoire que je ne me perde pas dans le lac. Je tombe sur la première bouée, ce qui veut dire que j’ai plus ou moins suivi la bonne trajectoire. J’ai l’impression de nager correct, plutôt tranquille. Toujours l’interrogation de savoir dans quel rythme je suis. Vu que je n’en ai qu’un… Est-ce que c’est le bon ? Il n’y a qu’une seule boucle, et on se retrouve assez rapidement à ce que je comprends être l »Ëœentrée du canal. Ce qui signifie qu’il reste encore 1000m à faire. Spécial le canal. Etroit, mais on est suffisamment peu nombreux. Pas envie de me faire enfermer, alors j’arrive à accélérer un peu et me mettre en tête du groupe. Je trouve ça cool. Ca parait vite assez long. Et tout d’un coup,  je vois les autres qui partent à droite et s’écartent de moi, chiotte, c’est la sortie. Je regarde sous la combi pour voir le chrono, YES!! 1h02. C’est fait.

A vélo, ça part normal, une première boucle pour rajouter un peu de distance au parcours, puis ça longe le lac, avec des petits toboggans, jamais vraiment plat. Ca roule plutôt vite, les jambes tournent bien, mais rapidement, ça déboule de tous les côtés. Ca fout les boules de voir les mecs rouler roue dans roue et surtout ça me met mal à l’aise, parce que c’est du drafting caractérisé. Je me laisse décrocher, pas envie de me faire prendre au milieu. Et au final, dès que ça monte, ça ralentit. Je repasse devant le groupe, descente, de nouveau ça déborde de tous les côtés. Ca commence à me saouler. Un arbitre roule à côté de nous, et il ne dit rien. Pfffff. De nouveau je me décale à gauche de la ligne médiane, de toutes les manières, la route est fermée, donc no souci, et ils n’en ont pas parlé au briefing. L’arbitre vient me dire de rejoindre le rang. Je fais, et j’essaie de rester devant. Arrive la première vraie bosse. De nouveau, le rythme est bien moins élevé, donc, je double. Je me mets à gauche et je rattrape pas mal de gars. La montée a des allures de tour de France avec beaucoup de spectateurs. Et voilà que mon ami l’arbitre vient à côté de moi, me montre le carton noir et me dit « you are riding left ». Par chance, je ne réagis pas trop. J’essaie de lui dire qu’il y a un groupe, que ça drafte. Peu importe, le gars n’écoute pas. En haut de la bosse, il y a penalty box. Enfin, une tente avec marqué Penalty box. Vite, je m’arrête. Il y a des grillages un peu partout. Où est le foutu accès à cette penalty box. Du monde partout, les gens ne comprennent pas pourquoi je me suis arrêté. Je fais signe que je veux aller là bas. Le gars dans la penalty box vient me voir. Je lui demande comment y aller, il me fait signe de faire le tour. Je commence à marcher avec mon bike, mais il n’y a pas d’ouverture dans les grillages qu’ils ont mis. Je reviens, je commence à m’exciter un peu. Et le gars me dit « not penalty box ». Put…. c’est écrit dessus les gars, sérieux. En fait, c’est une tente qui sert à l’animation. Je suis deg, je repars. Et je commence à calculer. 4′. Ma foi, de toutes les manières, pas le choix. Je roule, je roule, faut que je m’arrête à cette penalty box et ils ne les ont pas précisées au briefing. Pffff. Je vois un arbitre sur le bord, faut que je lui demande où c’est, histoire de pas la rater. S’agirait pas d’être disqualifié pour des conneries, déjà qu’il va falloir courir après la montre. Je fais plusieurs fois signe, il arrive enfin à la hauteur. C’est au 2è tour (il n’y en a qu’une, à part celle du parc). Bon ok. C’est combien de temps? …. six minutes!!!!!!! Ouah. Je ne veux pas sortir de ma course, mais j’essaie de lui dire que j’étais à gauche pour ne pas drafter. Il fait un geste un peu de fatalité. Bon, y a plus qu’à. Je commence à calculer. J’ajoute mentalement les 6 minutes au temps bike. Je me raconte l’histoire que ça n’est pas juste, etc…. Et je me dis que je m’en fous, j’irai quand même le chercher ce chrono. J’attends d’arriver au demi tour pour extrapoler. En me disant que je rajoute 3mn sur chaque boucle, ça donnera quoi?

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En tout cas, je suis content, je n’ai pas perdu le rythme. Je ne suis pas énervé. J’ai accepté et je gère. La première boucle se termine, et je sais qu’il y a la petite boucle en moins sur la seconde. J’ai 2h20 et quelques. 2h27 avec les 6 minutes. Yes, ça roule bien, normalement, malgré tout, je devrais réussir à rentrer en moins de 5. Il faudra simplement se bouger les fesses sur le marathon pour essayer de tenir le sub 9. C’est tout. Pas grand chose d’autre à faire de toutes les façons. Pour l’instant les jambes répondent bien. Demi tour, j’ai une grappe de mecs aux fesses. Tout le long du lac, ils seront là. On arrive à s’extirper avec un gars qui était là aussi tout au début, quand je me suis pris le carton. 100m d’avance. Chouette. Mais je sais que dans 10km, je vais devoir m’arrêter. Un peu l’impression de faire des efforts pour rien. Mais hors de question d’être pris dans un groupe. Les jambes commencent à me dire qu’il va falloir que je me calme. La moyenne est supérieure à 37.5 à l’heure. Peut être un peu normal.
J’arrive à la penalty box, le groupe derrière moi continue. Deg. La seule chose qui compte est qu’ils notent mon dossard et qu’ils déclenchent ce foutu chrono. 6 minutes. Pffff. Ayé c’est bon. Je me mets un peu à l’ombre. Je ne regarde pas les gars passer, je ne discute pas, je dis juste à l’arbitre que je trouve injuste, et ensuite, ne surtout pas se déconcentrer. Je me dis que je dois profiter pour prendre un peu à bouffer, ça m’évitera de le faire sur le bike. Je prends un gel, ça ne sera pas anodin. J’ouvre une barre pour qu’elle soit prête. En gros, j’essaie de gratter toutes les secondes que je peux. C’est dingue d’être arrêté, surtout quand on a des jambes de feu. Je regarde le minuteur. Plus que 30sec. Je peux y aller? Yes, go. Je repars. Surtout faire attention de ne pas se griller, ça repart en faux plat. Il n’y a plus grande densité d’athlètes, les autres sont 6 minutes devant. Je vais pouvoir rouler enfin seul. Les jambes répondent bien d’entrée, je reprends le rythme, j’ajoute toujours mentalement 6mn à mon temps bike, maintenant, il ne devrait plus s’en ajouter, c’est fait, je me suis acquitté. Je fais les calculs, je suis un peu vert parce que je me rends compte qu’au rythme où je roule, le temps pouvait être énorme. D’autant que le Garmin a fait un autopause, et que j’ai le vrai temps bike. Ou le faux, ça dépend de quel côté on se place.

Je croise les doigts pour ne pas avoir une emmerde en plus, style crevaison. Mais je ne veux pas penser à ça. Le rythme est vraiment bon, j’ai l’impression de tourner les jambes, sur les portions roulantes, ça va très très vite, je ne sens pas de fatigue, je m’alimente correct, je bois correct. C’est dingue quand on est prêt. Rouler à 37 à l’heure de moyenne sur un parcours vallonné semble facile. En tout cas, je suis en train de préparer le marathon, je ne pousse pas trop sur les pédales. J’estime le parcours total à 175km au garmin, en comptant la petite boucle en moins sur le 2è tour. Alors, j’extrapole. 145k, plus que 35, voire moins. 150k, encore 30 voire moins. Je calcule à un peu moins 37 de moyenne (ce que le Garmin affiche) combien ça peut faire. Comme toujours, la fin parait un peu longue. Pas d’affolement, il va falloir courir, et je vais découvrir dans quel état sont les jambes. Le site se rapproche, je reconnais les zones. Il ne reste plus grand chose. Le temps est énorme, moins de 4h50. Même pas j’aurais imaginé. 176.5. Au final, ça fera un temps officiel de 4h53. J’aurais déjà signé pour ce temps là. Et puis, ça sera celui que l’on retiendra.

Je pose le bike. Tout répond bien. Pas de sensation étrange. Je récupère le sac run. Un coup d’oeil dans le parc. Il est plutôt vide. Bon signe. Je me change comme il faut, sans précipitation. L’anti frottement, les chaussettes, les manchons que je remets pour la première fois depuis 3 ans. Et c’est parti. Les jambes sont là, aucune mauvaise sensation. Pas de fatigue. C’est top. C’est parti pour le marathon. Je me freine légèrement, mais je pense que je suis dans l’allure. Ni trop vite, ni trop lent, la foulée est là. Vive la mobilité du bassin. Ca vire un peu dans tous les sens, de l’herbe, des relances, c’est un peu zarbi, ça me fait penser à Zurich. Ca ne sera pas si rapide que ce que l’on en dit encore une fois. Puis c’est parti pour longer le lac. Je remonte un peu des gars, il y a des écarts. Je croise les premiers. Le but est de se mettre sur une cadence et de ne plus en sortir. Il fait plutôt chaud – mais rien en comparaison de l’an dernier à priori « â€œ, disons que ça écrase un peu. Le rythme est en place. Le Garmin bippe aux alentours de 4, plutôt 4.05, donc nickel, je ne suis pas parti dans l’euphorie. Le bout du premier demi tour est loin. Ca passe dans des lotissements, sur une plage en herbe, vraiment pas très roulant, et peu propice à être dans un rythme sans se préoccuper du reste. Retour le long de la voie ferrée. Je rattrape encore. Il faut continuer. Le rythme est entre 4.05 et 4.10. Je reste sur ces bases, j’essaie de bien relâcher et être dynamique sur la foulée sans l’étriquer. Pas facile. Le vélo a quand même laissé des traces je crois. Je me dis, vivement que je sois tout au bout, comme ça, ça veut dire qu’il ne reste plus qu’à redescendre et remonter une fois. Oui, mais le tout au bout est loin. Un marathon, c’est long en 2 boucles. Toujours cassant, sorte de descente qu’il faudra remonter, graviers, puis on arrive dans des relances avant de tourner autour d’une place, ayé. J’ai croisé Mathieu. Impossible de dire où on en est. J’essaie de maintenir le rythme, mais ça baisse progressif. Au 21è, quand on entame à nouveau le parcours que l’on vient de faire, je suis sur 4.20 à peu près, et je n’arrive pas vraiment à relancer. Ca restera entre 4.15 et 4.20 pendant pas mal de temps. de nouveau les passages en relance dans les jardins, il y a beaucoup de monde, puis de nouveau vers le 1er demi tour. 27è kil. Il reste 15. Je regarde le garmin, qui a le temps cumulé sans la pénalité. 7h41. J’ajoute 6. Ca fait 7h47. 1h13 pour faire 15 bornes. Qd même, je dois y arriver sérieux. Mouais. On est toujours un peu approximatif à ces moments là, dans les distances. En tout cas, je suis en cumulé plus pénalité en moins de 7h50. Si je force un peu, je vais le faire. Je vois Mathieu devant moi. Je continue de doubler, mais comme les boucles sont communes, difficile de savoir. On n’a pas de chouchou. Au rythme, je me rends compte qu’il y en a un ou deux devant. Je me concentre pour les reprendre. Ca se fait mètre par mètre. J’en reconnais un du tout premier groupe de bike, habillé en vert. Je reviens, je reviens. Je prends un gel. Je me dis que ça sera le dernier sinon, l’avant dernier, et que je vais rentrer à bon port. 30è kil passé. 32è. Je double le gars en vert. En fait, le rythme est qd même Ok, même si je n’ai pas l’impression d’avancer. 34è, ça commence à être un peu la tête vide. Va falloir que je mange. Il doit me rester un gel. Je cherche sur la ceinture. Je la tourne. Purée, j’en ai pas pris 8 quand même. Et je me souviens avoir vu un gel par terre à vélo (tout le monde n’utilise pas de l’Eric Favre en Autriche, donc, vi
ible. C’était obligatoirement un des miens, Mathieu a encore les anciens dans un emballage sans la marque dessus). Plus celui que j’ai pris dans la penalty box. Je n’en ai plus. Ouille.
Je commence à prendre le coup de barre. Je ralentis vraiment sévère. Je passe à quasi 4.40 au kil. Ca devient très très dur. 36è. Presque au dernier demi tour. J’ai sorti les rames. Ce que ça peut être dur l’Ironman quand même. J’arrive au ravito. Je vois des étoiles. Mais ouf. Tant pis, je prends un gel de l’orga. Plus un verre de coca. Je me suis arrêté pour faire ça. Je suis dans le gaz. Je recommence à courir, le gars en vert me double. Pfffff. Je tourne autour de la place, demi tour, allez, il reste moins de 6 bornes gars. Allez. De nouveau le ravito. Une bénédiction qu’ils l’aient placé là. Je m’arrête de nouveau, je reprends un gel. Entre temps, j’ai bippé à 5.36 au kil. Arrrgggggg. Je repars, je me fais doubler par un autre gars que j’avais doublé il y a un certain temps. Je suis à l’arrêt. Nouveau kil, 5.11. A l’arrêt total. Mais bon, ça revient doucement. 38è, 39è, ça avance, allez. 40è. Plus que 2. Je suis revenu à un rythme correct. J’essaie de jeter les genoux vers le haut. Je n’ai pas vraiment mal aux jambes, mais je n’ai plus la capacité à vraiment allonger la foulée. C’est la lutte avec celui qui m’a redoublé. Il est à 100m devant. Je sais que Csomor est juste devant aussi. Avant que je marche, elle était à moins de 200 ou 300m devant. Je regarde le temps du marathon, waouh, je suis à 2h45. J’imaginais être à l’arrache totale. C’est encore possible de péter un temps. Allez. Le temps cumulé sans pénalité ne doit pas dépasser 8h54. C’est possible. On entend la ligne d’arrivée. Allez, allez. Mais le chrono semble accélérer. On revient dans les jardins pour terminer, je me souviens du « prendre à gauche pour aller à l’arrivée au 3è passage ». Il est où le truc. J’ai peur d’être reparti pour un tour. Where is the finish line? J’entends tout proche, 8h53. Aie, aie, aie. Ca va être rude. 8h54. Je m’engage dans la dernière ligne droite, enfin. Mais je n’aurais pas réussi à effacer la pénalité. Tant pis. Je suis juste au-delà de 9. J’ai quand même un peu réussi le pari. Je passe sous l’écran. Un coup d’oeil au chrono. 9h01. Un peu déçu. Je ne me rends pas compte que c’est qd même juste au-delà de 9. Que je suis plus de 20mn plus rapide que mon meilleur chrono. Que le marathon devrait être au-dessous de 3h. Et donc, pas de sprint. Je profite de cette dernière ligne droite. Il y a beaucoup de monde dans les tribunes. C’est une des plus belles finish lines (et le retour le soir en témoignera) qu’il est donné d’avoir. Ca gueule. Yes. Done. 9h01.52 sous l’arche, photo à l’appui. Ils me mettront 9h02.01. Décidément, le chrono n’aura pas été mon copain sur cette course. 8h57 au Garmin. Mais ça ne veut rien dire. Je ne sais pas si j’ai le droit de dire que je l’ai fait. Non. Je ne l’ai pas fait. 6è de la caté. Au final, c’était juste juste. Mais j’ai fait ce que j’avais imaginé. Un quasi 9h. Pour être sûr. Et oui, j’ai la qualif. C’est le principal.
J’ai fait une course de fou. Quasiment tout a fonctionné comme ça devait, du plaisir, même si explosion sur la fin. Ca veut dire aussi que j’ai été au bout. Dur de faire vraiment mieux ce jour là. Donc, je suis content.

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Je me fais éjecter du podium des M40 pour la première fois depuis 4 ans et pour ma dernière année 40-44, en améliorant de 20 minutes, sur un parcours pas si évident que ça. Frustrant quelque part. Mais il y a niveau de fou ici. Tant pis, aucun regret. Je préfère prendre ce temps que la place. Mathieu arrive 2mn après. Lui aussi a fait une course de dingue. 2è de la caté, 9h04. L’équipe en nombre réduit a été à la hauteur. Même si ça ne veut trop rien dire, 1er et 3è Français. Edouard est le 2è. Maintenant, il est temps de savourer. Le boulot a été fait. Hawaii, le retour. »

Photos Thierry Sourbier