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Témoignage – Challenge Roth de l’intérieur, et de l’autre côté de la barrière…

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C’est pendant l’été ou au plus tard à la rentrée qu’il pointe son nez : L’OBJECTIF de l’année ! Avec Christian, j’ai été servie car il m’a donné son planning sur 4 ans :
- 2009 : ce sera Roth car il faut commencer  » simple « 
- 2010 : ce sera Nice car je veux nager en mer et profiter du magnifique arrière pays niçois
- 2011 : ce sera Embrun car je rêve d’être Embrunman
- et 2012, je reviendrai à Roth pour mes 50 ans  » me dit-il tout de go.

:¡a, c’était le planning et il l’a tenu !

Mes angoisses :

Bien sûr, comme tout novice qui se respecte, je ne pouvais croire que des êtres humains soient capables de fournir des efforts pareils, en intensité comme en durée. Mais, à l’évidence, c’était possible puisqu’en côtoyant les adhérents de Champigny, je commençais à en rencontrer pour  » de vrai « . Tout cela devenait réel mais me paraissait totalement impossible à réaliser. 10, 12 voire 15h d’efforts… quelle folie ! Et puis, Christian étant déterminé, il a bien fallu que je me rende à l’évidence : j’allais vivre avec un Ironman. J’ai donc été très angoissée car ces repères étaient totalement inconnus pour moi. Du coup, ne les appréhendant pas, ils me faisaient très peur. Et que se passe t il quand on est épuisé ? La tête peut elle être si forte qu’elle amène le corps à  » sa ruine « , à l’accident, à la mort ? Bref, de vrais angoisses quoi.

La préparation :

Se lancer dans un tel défi implique toute la famille car, pendant de longs mois, la préparation prend de la  » place  » : les entraînements, les compétitions, la cave remplie de vélos, les sorties du week-end qui ruinent tout espoir de grasse mat… bref, tout le monde est impliqué. Cependant, je dois reconnaitre que je suis chanceuse car Christian n’a jamais dépassé les 10h d’entrainement hebdomadaires, ce qui pour mes copines qui se disent sportives parce qu’elles vont à l’aquagym 2 fois par semaine semble totalement incroyable ! Nous devons donc gérer un planning annuel très précis pour être sûrs de respecter le calendrier sportif et notre vie familiale et sociale.

Le jour J (et les quelques jours qui précèdent) :

Roth, Nice, Embrun… que des destinations assez lointaines qui nous éloignent de Paris pendant 3 ou 4 jours : 2 jours pour le trajet aller et retour, une journée d’installation du matériel et le fameux JOUR J.
Le jour le plus long comme je l’appelle… Car, pour nous spectateurs, supporters, fans… il démarre comme pour les compétiteurs, avec le réveil qui sonne au milieu de la nuit, les derniers préparatifs et l’attente du départ.
Ma façon de rendre ces journées agréables et de faire passer le temps plus vite, c’est de faire des photos. De Christian bien sûr mais aussi de tous les autres campinois. C’est un réel plaisir d’arriver à saisir un sourire, une émotion, une petite rage ou une satisfaction.
J’ai découvert dans ce public comme chez les triathlètes, une émotion ou plutôt des émotions à fleur de peau, des sportifs qui sont de vrais compétiteurs mais qui n’hésitent à pas à s’encourager, à s’entre-aider. De vraies belles valeurs humaines qui ont malheureusement disparues de certains autres sports.
J’ai pu aussi faire la connaissance d’autres compagnes ou épouses qui, comme moi, suivent leur amoureux pour le soutenir pendant ces épreuves de fous.
Alors, on réfléchit aux endroits où il faut être, je démarre mon chrono au coup d’envoi pour avoir des repères de temps, on va d’un point à l’autre pour être sur les endroits stratégiques et surtout, les lieux où l’on aura le plus de chance de voir et revoir nos athlètes. Bref, nous aussi, public, on fait notre Ironman.

C’est quand qu’il arrive :

Le départ natation a longtemps été très émouvant pour moi car pour rien au monde je ne voudrais être dans la  » machine à laver  » comme ils disent.
Le vélo est, pour d’autres raisons, assez stressant également car la chute est toujours possible et depuis que Christian m’a expliqué que dans les descentes de cols, il pouvait rouler à près de 90 km/h, forcément, je suis moins tranquille et plutôt contente quand le vélo est de retour dans le parc.
Enfin, le marathon, c’est un compte à rebours qui n’en finit pas, c’est vraiment la partie qui fait la différence, qui reste une vrai inconnue, qui modifie le classement dans tous les sens.  L’ordre d’arrivée n’a plus rien à voir avec les classements intermédiaires de fin de T2. En gros, ça passe ou ça casse et les minutes sont longues.
Et puis, quand il pointe son nez dans le couloir d’arrivée, c’est la joie, l’émotion, la délivrance. Il faut vite choisir entre crier, photographier, pleurer et passer la ligne ensemble. Petite anecdote à Nice où j’étais en position pour finir avec Christian, il y avait Amilcar quelques mètres derrière lui. Et au lieu de prendre ma main pour finir tranquillement les derniers mètres, nous voici lancés dans un sprint infernal pour ne pas se faire doubler par Mimil !!! Jusqu’au bout, je sais ce que ça veut dire !!!
Autre anecdote à Embrun, qui reste pour moi la course la plus difficile à suivre tant les compétiteurs souffrent. Je retrouve Christian sur les derniers kilomètres. Il a  » débranché le cerveau  » et ne semble même plus se rendre compte que je suis là. J’essaie de l’accompagner mais au bout de 800 mètres, j’arrête car je n’arrive même pas à le suivre. Mais où va-t-il chercher tout ça.

Et puis, il y a l’après course :

On pourrait se dire que c’est fini mais non, quand y’en a plus, y’en a encore. Christian a très souvent des difficultés à s’alimenter pendant le marathon. Son estomac ne veut plus rien savoir. Alors, il finit la course à pied très affaibli car en hypo et limite déshydraté.  Il n’est pas donc rare de finir à l’infirmerie pour le remettre sur pied.
Roth 2012 restera mémorable car je n’ai pas pu l’accompagner au service médical. Tous les 1/4h, j’allais voir les infirmiers pour leur demander des nouvelles. Et vous savez quoi, il dormait…. ça a bien duré 2h. J’ai cru qu’il allait faire sa nuit !  Et puis, ils ont fini par me le rendre car il fallait encore aller chercher le vélo et les sacs de transition. Le jour le plus long aura duré 20 heures.

Et ensuite ?
Le planning s’arrêtait à 2012. Rendez vous à la rentrée pour les prochains objectifs quinquennaux… Fabienne Privat