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Laponia Triathlon 2017

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« L’idée avait germé suite à la lecture d’un post sur un forum de triathlon. Un triathlon distance Ironman en Laponie suédoise ! Et pourquoi pas ! Nous qui projetons depuis quelques années de visiter les pays nordiques en camping-car ! Voilà un bon prétexte pour réaliser ce souhait en joignant « l’utile » à l’agréable ! Et bien voilà, après un mois, 8 000 km et des images plein la tête, c’est chose faite !

Mais revenons au début de ce périple ! Après 5 jours et 3200 km, nous voici à Gällivare, au nord de la Suède en pleine Laponie, lieu où va se situer ce triathlon XXL. Nous sommes au nord du cercle polaire (67° de latitude nord, d’où le logo !), début juillet et à cette époque, il fait jour 24h/24. Il nous reste 3 jours pour récupérer du trajet et tenter d’apprivoiser ces journées sans fin !

Le slogan de l’épreuve étant « swim, bike, run under the midnight sun », c’est donc tout naturellement que le départ se fera le 08 juillet à 0h00 ! Moi qui avait été victime de la chaleur l’année précédente lors de l’Embrunman, je me disais que là ça ne risquait pas de m’arriver (cela avait d’ailleurs, aussi, guidé mon choix !). Je ne croyais pas si bien dire ! Il ne fait jamais très chaud dans cette région mais là, ce fût le pompon ! Comme les jours précédents, la température en journée n’avait pas dépassé 12°C et heureusement, contrairement aux autres jours, il ne pleuvait pas. Si bien qu’à 0h00, au moment du départ, la température de l’air était entre 6 et 8°C et celle de l’eau à 14°C !

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Nous sommes finalement 86 au départ, quelques défections ayant eu raison des 100 participants annoncés (limite du nombre d’inscrits). L’avantage de ce nombre, c’est que l’on y fait plus facilement des rencontres sympas et variées. Je citerais pêle-mêle, un jeune Lillois avec sa compagne et ses parents qui m’encourageront pendant toute l’épreuve, un couple de Mexicains avec qui je discuterais longtemps à propos de la température (lol), des Suédois rencontrés au camping et qui faisaient la course, etc…. En bref, une chaleur qui faisait du bien, vu les conditions !

Après ces moments de convivialité, la mise à l’eau nous ramène à la dure réalité. Tous ceux qui ont participé à des épreuves de ce type le savent, ce n’est pas facile de se saisir dans une eau si froide mais quand, en plus, vous savez que vous allez y rester une bonne heure, Heu, comment dire, çà pique ! Finalement, avant le départ, on nous annonce que la natation sera ramenée à 2800m au lieu des 3800m habituels pour ne pas risquer d’accident. Des Suédois habitués au froid qui vous disent qu’ils craignent des accidents, il vaut mieux les écouter. Ou alors c’était pour protéger les non-nordiques !

Top départ avec de magnifiques images du ciel, des montagnes et de l’eau qui se confondent, le tout éclairé par un soleil tout juste caché derrière l’horizon mais bien présent par sa luminosité ! La natation se passera correctement mais je commencerai malgré tout à être pris par le froid sur la 2eme moitié du parcours et avoir des problèmes de buée dans les lunettes dû à la différence de température entre l’eau et mon visage. Les 3800m seraient sans doute passés, mais je ne suis pas mécontent d’en sortir !

La transition s’effectue tant bien que mal, car enlever la combinaison néoprène quand vous êtes limite violet et que vous tremblez de partout, c’est sport ! Et là, je commets l’erreur avec un grand E ! Je garde ma tri-fonction mouillée (comme d’habitude quoi !) et j’enfile une veste et un coupe-vent en prévision du froid ! (ma femme me dira plus tard que tous les Suédois filaient directement sous la tente se sécher et se changer avec du long style hiver chez nous mais style été chez eux lol). C’est parti pour 188 km de vélo ! (enfin, ne nous enflammons pas !) Si je vous annonce un ressenti de 4°C et vu ce que je viens de vous dire au-dessus, vous devinez ce qui va suivre. Dès les premiers kilomètres, je suis littéralement mort de froid et regrette amèrement de ne pas avoir mis sur moi ce qui restait de vêtements dans mon sac de transition (encore pire, d’avoir gardé mes vêtements mouillés !). Ces sensations dureront environ 80 km m’obligeant même à lever le pied dans les descentes à cause de l’augmentation de la sensation de froid ! L’idée de l’abandon m’effleurera même, quand après quelques dizaines de kilomètres, je verrais Julien, mon jeune compatriote lillois parti juste devant moi, en hypothermie au bord de la route, frictionné par sa compagne et ses parents. (Il me faut vous dire que les règles sont similaires au Norseman, c’est-à-dire que l’assistance sur le vélo et la cap y est autorisée dans les mêmes proportions, même si des ravitos sont présents !). Pour info, Julien se refera la cerise pour terminer 8eme de l’épreuve ! Gros potentiel ! Mais revenons à ma course, pour avouer que j’avais sous-estimé la difficulté du parcours. Ah oui, ça roule pratiquement toujours sur la plaque mais quand vous avez sans cesse une succession de long faux-plats montants et de descente par symétrie, ça use et les cuisses finissent par brûler. Mais bon, à part ça, les kilomètres défilent et je finis bien cuit la partie vélo. (PS : je ne sais pas si c’est le froid et le manque de lucidité mais il y en a qui ont vu des rennes ! Ceci dit là-bas ça traverse la route aussi souvent que les chats chez nous ! La seule différence, c’est quand vous en tapez un ! )

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T2 tranquille, où je prends le temps de discuter avec un autre Français qui bosse en Suède, qui devait faire l’épreuve mais qui est tombé à vélo la semaine d’avant. Je n’ai plus froid, il est 7h15 du matin et le soleil à l’air de vouloir montrer son nez ! Je décide donc de partir en tri-fonction (qui a fini par sécher !). Mauvais choix ! Après quelques kilomètres, le vent « froid »se lève, les nuages arrivent et il bruinera un peu par moment ! Résultats, j’aurai des maux de ventre à un moment donné et pas bien chaud tout le long du marathon. Vous devez vous dire à ce moment précis : « il devrait être content, vu qu’il nous saôule depuis le début qu’il cherchait la fraîcheur ! » Oui la fraîcheur, pas le froid ! Pour info, lors de mes discussions avec les bénévoles lors des ravitos, l’une d’elle m’a dit qu’elle avait 3 pantalons l’un sur l’autre mais que bon, c’était pire l’hiver !

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Globalement, la course à pied se passera correctement malgré, encore une fois, un parcours bien cassant fait de montagnes russes bien casse-pattes qui rapidement m’obligeront à marcher dans les parties montantes. Enfin la finish-line, franchie en 12h43 sous les applaudissements de la foule en délire (il y avait au moins 20 personnes ! Si, si !). Je suis malgré tout satisfait de ma course en terme de gestion de l’alimentation et de l’hydratation car malgré les conditions, je n’ai pas eu de défaillance physique ni de pépins, genre crampes ou autres. Déçu coté temps final mais là il faut relativiser !

Suis prêt pour le Norseman ! Il manquait juste la montée finale ! Ravito final, douche, sauna (à la suédoise !) retour au camping (100 km en minibus) et place aux vacances ! Je vous fais grâce du récit de nos vacances, sachez simplement que nous avons visité pendant 3 semaines une grande partie de la Suède et plus partiellement, la Norvège et le Danemark et que nous avons préféré le nord de la Suède pour ses paysages mais aussi pour ses habitants !

Prenez 5 minutes pour aller voir la page facebook du Laponia Triathlon vous y verrez de belles photos qui vous donneront une idée des parcours et de l’environnement).

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