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Sabrina Godard Monmarteau, une battante dans l’âme

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Beaucoup auraient tout arrêté après ce qu’elle a vécu, mais pas elle. Sabrina Godard Monmarteau (Tri Saint Amand Dun 18) est une battante et a besoin du triathlon et du duathlon, ses passions, pour continuer à avancer. Dimanche, à Parthenay (Deux-Sèvres), à l’occasion des Championnats de France de duathlon, elle tentera de tenir tête à la favorite désignée, la championne de France en titre Sandra Levenez. L’occasion également d’affiner les derniers détails de sa préparation pour les Championnats du monde de la discipline le 22 septembre à Nancy.

Une vie qui bascule
A 31 ans, Sabrina Godard Monmarteau avait tout pour être une femme heureuse. Des progrès d’année en année dans sa discipline sportive, un travail stable comme comptable au Conseil général du Cher et un mari, Pascal, qui est également son entraîneur au quotidien. Mais la vie est parfois injuste et vient vous arracher ce que vous avez de plus précieux. Le 1er mai dernier, Pascal Monmarteau, son mari, est décédé accidentellement à quarante-neuf ans, laissant seule sa bien-aimée. « Le vide ne sera jamais comblé… Pascal restera à jamais dans mon cœur… J’essaie d’avancer, entourée de mes amis, ma famille et de ses fils, Pierre et Paul. Il faut malheureusement faire avec cette peine. » Beaucoup de personnes ont ainsi consacré du temps pour Sabrina, « notamment le soir et lors de mes séances vélo et course à pied », afin de l’aider à surmonter ce drame. Et continuer à avancer dans la vie.

Le sport pour repartir de l’avant
Sans repères depuis la disparition de son mari et entraineur, Sabrina a eu du mal à garder une certaine rigueur dans ses entrainements. « Cela n’a pas été facile du tout. Reprendre tout ce que j’avais construit grâce à mon mari et entraîneur était vraiment douloureux. Pendant près de deux mois, je n’ai fait que très peu de séances et je me moquais bien de faire une bonne séance ou une bonne course. » Puis, l’envie de souffrir, de se battre et de reprendre le chemin de l’entrainement est petit à petit revenue. Au point de faire des Championnats du monde de duathlon l’objectif numéro un de sa fin de saison. « Je ne me voyais tout simplement pas tout plaquer, je ne pense pas que ce soit dans mon caractère. C’est vrai que c’est dur psychologiquement de poursuivre ma passion seule mais elle constitue une bonne échappatoire. »

Les France avant les Mondiaux
Avant de représenter la France à Nancy dans quinze jours, Sabrina aura à cœur de jouer les premiers rôles dimanche, à Parthenay, à l’occasion des Championnats de France de duathlon où elle avait décroché une belle médaille d’argent l’an passé. « Même si les Championnats de France constituent un réel objectif, je pense qu’il me manquera un peu de fraîcheur pour être au top de ma forme. Mais pour aborder au mieux mentalement les Mondiaux deux semaines après, il me faut faire un podium au France. » Et si elle reconnaît « ne pas voir comment détrôner Sandra Levenez tellement elle me paraît au-dessus du lot », Sabrina promet de jouer sa chance à fond et « de tenter de suivre son train d’enfer. Je ne compte pas me laisser abattre. » Et ça tombe bien, car cette détermination lui sera nécessaire dans deux semaines pour accrocher un top 5 aux Mondiaux, l’objectif qu’elle s’est fixé. « Je ne sais pas si mon niveau à pied sera suffisant pour jouer les trouble-fêtes. J’ai pris connaissance de la start-list et il ne manque personne. Mais ce n’est pas plus mal, ça promet un beau spectacle et certainement du suspens jusqu’au bout de la course. » On ne demande qu’à la croire.

Basile Regoli