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Felix Duchampt va courir sous le drapeau roumain

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Comme Olivier Marceau il y a une quinzaine d’années (passé en Suisse), ou Aurélien Lescure plus récemment (passé en Turquie), le Français Félix Duchampt a décidé de changer de nationalité, afin de pouvoir courir davantage sur le circuit mondial de triathlon courte distance, et, pourquoi pas, se qualifier pour les prochains JO de Tokyo, en 2020. C’est sous bannière roumaine que le Montluçonnais de 29 ans courra d’ici début 2020. Pour l’heure, il poursuivra sa saison sous la bannière neutre de l’ITU. Nous l’avons contacté pour qu’il nous explique ses motivations.

 

Félix, pourquoi ce changement de nationalité ?

Disons que depuis 3 ans, le triathlon est devenu pour moi une activité professionnelle, dans le sens où je ne fais plus que ça depuis que j’ai fini mes études (ndlr : Master en communication et licence STPAS). Et que depuis un an et demi, je pense avoir progressé, avec trois podiums sur des Coupes du monde, trois 2e places, et des places d’honneurs (4e, 5e, 7e). J’ai estimé avoir le niveau pour espéré m’aligner sur des WTS, en tout cas mon ranking mondial me le permettait. Mais je n’ai pas eu le droit ni l’opportunité de le faire sous les couleurs de la France, alors qu’en certaines occasions, il n’y avait pas le quota de Français engagés, et que j’aurais aimé avoir ma chance à ce niveau….

 

Pourquoi la Roumanie ?

Tout simplement parce que j’ai rencontré le président de la fédération roumaine en plusieurs occasions, et qu’il a fini par me proposer de représenter son pays. Grâce à ça, je vais pouvoir courir où je veux, en bénéficiant d’une aide financière, matérielle, logistique. J’ai choisi ce pays aussi parce que les démarches sont assez rapides. Je devrais pouvoir courir sous leurs couleurs d’ici début 2020.

 

Est-ce que ce changement de nationalité est motivé par la perspective des JO 2020 ?

Ce n’est pas la raison principale. Ce que je veux, avant tout, c’est courir au plus haut niveau, sur les WTS. En France, je ne pouvais pas. Et le longue distance ne m’intéresse pas. Donc j’ai opté pour cette solution. Après, les JO sont apparus en ligne de mire. La Roumanie serait trop heureuse d’avoir un représentant à Tokyo, ça ne leur ai jamais arrivé, encore, en triathlon. Pour ce qui est de mes chances d’y aller, à cette heure-ci, en qualification directe, je serais a priori l’avant-dernier athlète qualifié, alors que je n’ai fait que très peu de courses qualificatives (trois seulement). Donc c’est peut-être jouable pour Tokyo….

 

Craignez-vous les réactions ici en France ?

Non, je m’en moque. Je pense que pas mal de personnes sont au courant et/ou comprennent ma situation. Même la FFTRI m’a aidé dans mon changement de fédération internationale et a rendu le processus facile, je les en remercie d’ailleurs. Après, je sais qu’ils ont des choix à faire dans leurs sélections, qu’ils ont des décisions à prendre, qu’il font courir les jeunes avant tout, et que cela engendre toujours des déçus, dont je fais partie. J’aurais juste aimé avoir ma chance avec les Français. Je n’ai pas eu le droit, même à mes frais. Donc j’ai juste cherché une autre solution pour pouvoir assouvir ma passion, et mon métier.

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 Recueilli par Luc Beurnaux – Photo Delly Carr