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Choquert : « On a toujours envie de conserver ce maillot »

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Double champion de France de duathlon en 2015 et 2016, Benjamin Choquert (Metz) s’apprête à remettre son titre en jeu ce dimanche à l’occasion de la première étape du Grand Prix organisée à Paillencourt (Nord). L’international tricolore sort d’un hiver où il a enchaîné les stages au Portugal et en Espagne, ce qui lui a notamment permis de pouvoir davantage rouler que les autres années. Entretien avec le Lorrain sur sa préparation et ses ambitions en 2017.

La saison de duathlon va reprendre ses droits dans quarante-huit heures. On imagine que l’impatience doit se faire ressentir ?

« Oui, c’est la première course de la saison donc on est tous très motivés à l’idée de s’y remettre. Le fait que cette étape soit également support du championnat de France individuel, ça ajoute un peu de motivation supplémentaire même si on aurait préféré que ça soit un peu plus tard dans la saison. Là, c’est vraiment très tôt. On sort de la saison de cross ou de la préparation hivernale. Je pense qu’on ne sera pas tous à 100 % mais l’envie sera là.

Tu es double tenant du titre du maillot tricolore, l’objectif est bien entendu pour toi d’aller chercher une troisième couronne nationale…

Une fois qu’on a réussi à avoir une fois ce maillot, on a toujours envie de le conserver. C’était le cas l’an dernier. On dit bien : jamais deux sans trois ? On verra dimanche si le parcours me convient. Il y aura tout de même des gars costauds. Et puis, c’est une course un peu particulière puisqu’il y a en jeu ce titre mais en même temps aussi des points à grappiller pour le classement par équipe. C’est compliqué de jouer à la fois individuellement et collectivement. On verra ce que décide Frédéric Roujol (Ndlr : l’entraîneur de Metz).

Ton hiver a l’air de s’être bien passé ?

C’est la première fois que je fais autant de stages durant un hiver. Je suis parti dix jours à la Toussaint à Monte Gordo (Portugal) avec l’équipe de France d’athlétisme, quinze jours ensuite en janvier aux Canaries (Espagne) avec l’équipe de France de triathlon puis deux autres semaines en février à Lloret de Mar (Espagne) avec Metz Triathlon. C’est pour ça que je suis arrivé très émoussé au championnat de France de cross-country qui n’était pas un objectif pour moi cette année. Mais terminer dix-septième avec de la fatigue, ça reste un résultat correct.

Ces stages ont dû te permettre de pouvoir plus rouler que les autres années ?

Absolument. L’objectif était d’accumuler des kilomètres avant de faire du spécifique. Le vélo reste mon point de faible. J’ai encore besoin de progresser dans ce domaine-là. On l’a vu la saison dernière aux Mondiaux où je me suis fait piéger. J’ai eu la chance, en plus, de pouvoir rouler pendant quinze jours aux Canaries avec quelques-uns des meilleurs mondiaux. Ça m’a permis surtout d’éviter les moins dix degrés en restant en Lorraine. Depuis quelque temps, c’est Frédéric Roujol qui s’occupe de mon programme à vélo. J’avais besoin de quelqu’un pour me dire quoi faire.

Tu as appris en début de semaine ta sélection pour le championnat d’Europe de duathlon qui aura lieu le 29 avril à Soria (Espagne). Ta préparation actuelle doit certainement s’articuler autour de ce rendez-vous ?

Oui voilà, le pic de forme est plus prévu pour les « Europe ». Je vais rester calme d’ici là pour être sûr de ne pas me blesser et, ainsi, arriver le jour J en pleine forme. Ça fait plaisir en tout cas de partir à quatre garçons. On arrivera peut-être à mettre en place une stratégie d’équipe.

D’autant qu’un bon résultat lors de ce championnat continental pourrait te donner accès au championnat du monde prévu cet été…

Il faudra être performant aux « Europe » pour pouvoir aller chercher sa sélection pour les Mondiaux. Le but ultime, c’est d’aller chercher une médaille sur ce championnat. J’ai loupé le podium l’an dernier sur le vélo. Ça laisse des regrets surtout que j’ai fait le meilleur temps de la deuxième course à pied. Si j’avais posé le vélo avec ceux de devant, j’aurais pu me battre avec les trois premiers.

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Dans cette équipe de France retenue pour le prochain championnat d’Europe, figure un certain Nathan Guerber qui a rejoint Metz Triathlon cette saison. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ce jeune espoir alsacien ?

C’est une excellence recrue pour nous et c’est peut-être le petit plus qui va nous aider à aller chercher le titre. Il est vraiment très bon et il nous l’a prouvé lors du stage avec Metz. Je me suis fait allumer à pied sur une séance piste qu’on a fait avec Pierre Le Corre. Il y avait des temps à respecter mais les deux étaient un peu énervés et ils se sont fait plaisir. Je pense qu’il va faire parler de lui cette saison.

Tu as repris l’an passé une activité professionnelle (Ndlr : maître-nageur à Nancy) en parallèle de tes entraînements. Comment organises-tu tes semaines ?

J’ai la chance depuis janvier d’avoir des horaires aménagés du fait que je sois sur les listes d’athlètes de haut niveau. Je travaille 20 heures par semaine sur quatre jours (lundi, mardi, jeudi et vendredi). C’est toujours plus que ceux – les professeurs d’EPS comme Sandra Levenez, Benoît Nicolas, etc. – qui sont détachés mais ça me permet de pouvoir m’entraîner correctement le matin ou l’après-midi en fonction des jours. Et j’ai tous mes week-ends de libres pour les compétitions. C’est quelque chose qui a été possible grâce à la fédération, le Conseil Général de la Moselle, la Jeunesse et Sport Grand Est et mon employeur, la Métropole Grand Nancy.

Tu avais fait le pari pendant un temps de vivre de ta passion mais cela semble impossible quand on pratique une discipline non-olympique…

Vouloir vivre de l’athlétisme et du duathlon, c’est plus de la survie. On va faire plein de petites courses pour aller chercher quelques primes mais on ne peut pas prétendre au haut niveau en faisant ça. C’est sûrement pour ça aussi que je me suis blessé à force d’enchaîner les compétitions.

Il y a des saisons où tu jouais sur les deux tableaux avec l’athlétisme. Cela sera-t-il le cas cette année ?

L’athlétisme fait toujours partie de ma vie mais il n’y a rien de défini pour le moment. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne me verra pas au championnat de France de 10 000m puisque je serai au championnat d’Europe de duathlon à ce moment-là. Je ne sais pas encore si je ferai un peu de piste pour essayer de me qualifier au « France » Elite. Je me ferai peut-être plaisir sur un ou deux trails, on verra… Mais priorité reste le duathlon cette saison. »

Recueilli par Basile REGOLI