Nice 2010 – Le pari réussi de « Toto »
Un an déjà que lors d’un « apéro copains » Mister Toto alias Christophe Charpin nous amusait à nous raconter son marathon Parisien 2009 bouclé dans la douleur et dans un chrono extraordinaire de 5h et 10 minutes.
Plus nous nous montrions amusés de son récit, plus il avançait dans un délire : Participer à l’Iron Man de Nice 2010 avec son cousin, Mohamed Mechaat, triathlète de bon niveau.
Franchement, l’imaginer aux cotes des athlètes préparés et taillés pour ce type de compétition, nous étions tous pliés de rire !
L’apero fini, chacun est retourné à son chez soi amusés, la tête légère et remplie de belles histoires.
Mais la « tête à toto » elle était déjà à Nice, persuadée que ce chalenge, un peu fou, était réalisable.
Le défit n’était pas gagné, au départ : niveau sportif, Toto, un joueur de rugby plutôt frêle qui n’aime pas courir, ne sais pas nager et pratique le vélo devant la grande boucle sur France TV.
Mais c’est surtout une tête de mule avec une volonté hors du commun aimant les défis, et toujours tourné vers un nouveau rêve d’avance.
Voilà c’est facile à dire mais maintenant faut le faire.
Juillet 09
Première étape l’inscription l’achat du vélo, de la combinaison et des équipements appropriés, heureusement les soldes sont là !
Septembre 2009
Voilà c’est parti, natation, vélo et course à pied seront son quotidien durant les prochains 10 mois de préparation. Aller rouler le soir et le week-end, privilégier les week-ends pour les sorties longues, courir les midis, nager – pas facile de concilier le programme raisonnable mais très consommateur de temps avec le travail et ne pas trop pénaliser la vie de famille.
La natation reste le sport qu’il aura le plus de mal à travailler malgré la monotonie d’enchainer des longueurs et le manque de références il reste fixé sur son objectif..
Vendôme 30 mai 2010
Premier départ en tant que triathlète avec comme objectif découvrir et jauger sa préparation.
Sorti du plan d’eau en dernière position avec des douleurs abdominales et le moral en berne, il n’a qu’une seule idée en tête l’abandon, persuadé de son incapacité à finir Nice.
De meilleures sensations reviennent en vélo et en course à pied, il parvient à doubler plusieurs concurrents, et son moral reprend des couleurs.
Il se motive en se disant que son seul objectif pour Nice est de finir dans le temps limite de 16 heures.
Dimanche 27 juin 6h30 le grand jour
Noyé au milieu des 2700 participants, prêt à livrer son courage, Toto s’élance pour les 3800 mètres de natation en mer. (ce qui est une première pour lui !)
Gérer sa nage en ligne droite en s’appliquant sur les bons gestes, sans forcer pour ne pas se désunir.
Après les 200 premiers mètres serrés comme dans un banc de sardines, les espaces se font plus larges. Contournement de la première bouée, rapide regard vers la plage et continuer à nager, nager et toujours bien gérer.
Fin de la première boucle et petit break rapide, sans grande lucidité, avant de repartir pour la deuxième.
1h47 de natation pour couvrir la distance Toto pense qu’il aurait pu mieux faire mais le principal était de sortir de la grande bleu « pas trop entamé » pour affronter la suite.
Départ prudent à vélo sur le front de mer niçois, le public et les encouragements motivent, mais la chaleur est déjà présente. La journée sera longue et il s’interroge sur les 180 kms à venir ainsi que le passage du col sans aucune expérience de la montagne, alors prudence.
Bien couché et posé sur le guidon triathlète à l’allure de plus de 30 km/h c’est tout bon.
15éme kilomètres crevaison, malgré le matos neuf et spécialement monté pour la circonstance, résultat 10 minutes de perdues
L’ascension jusqu’au point culminant du parcours col à1200 mètres sont effectués calmement sans jamais se mettre dans le rouge, le braquet tout à gauche, le pédalage fluide et le corps bien droit pour ventiler au maximum. Il n’oublie pas de profiter du paysage grandiose de l’arrière pays Niçois.
Ne jamais louper un ravitaillement et ne pas se laisser aller à l’euphorie des accélérations. 15 derniers kilomètres et oui y a des jours comme ça, Re crevaison et Re réparation et Re 10 minutes de perdues.
C’est contre le vent, et les muscles des jambes commençant à bruler que se termine le parcours cycliste. 5h 47 de vélo et deux crevaisons, ce n’est pas le top mais c’est conforme au tableau de marche.
Le vainqueur de l’épreuve est déjà arrivé lorsque Toto s’élance pour le dessert de l’Iron. Toto est presque déçu ne n’éprouver aucune souffrance excessive.
C’est après un coucou aux amis, à la famille et un trop bref bisou à sa compagne et à sa petite fille qu’il s’élance pour le marathon final.
Quatre boucles de plus de 10 kms à avaler, la foulée est rasante et raide, les concurrents encore en course sont de plus en plus clairsemés sur le parcours.
Alors ils s’encouragent mutuellement car les défaillances et la souffrance des uns minent le moral des autres. Quelle force morale pour Toto, qui s’efforce de ne pas s’arrêter de courir ou alors marcher à vive allure.
Il termine la dernière boucle de ce marathon le regard fixé sur les lumières la bas tout au fond de la baie des anges, l’arrivée !
Le passage de la ligne fut pour nous tous un énorme moment d’émotion, car notre héro a prémédité une demande en mariage à Sonia dés la ligne d’arrivée franchie.
Alors c’est avec cette motivation qu’il termine les derniers mètres sous les applaudissements des nombreux spectateurs encore présents, sous la holà des bénévoles, des pom pom girls survoltées et du speaker qui enflamme son arrivée.
Et quelques mètres après la ligne d’arrivée il tiendra sa promesse et c’est sous des larmes de bonheur que se termine cette fin de soirée Niçoise.
Huit mois d’une lourde préparation pour terminer son premier Iron man dans le temps de 15h28. est ce la fin de la carrière de ce nouveau finisheur ou le début d’une autre aventure, rdv en 2011 ?
Mais qu’en a pensé Sonia ?
« Lorsqu’il m’a annoncé sa volonté de relevé ce défi, j’étais loin d’imaginer tout ce que cela pouvait engendrer.
Son entrainement au quotidien, ses absences, mes incompréhensions.
En effet, son entrainement lui prenait énormément de temps, entre les matins, les midis, les soirs, les week end et ce en conciliant avec son emploi du temps professionnel.
Ce qui laissait très peu de temps à consacrer à sa petite famille. Au début, cela ne me dérangeait pas, mais c’est au fur et à mesure que cela prenait de l’ampleur, ça devenait difficile à vivre et à gérer au quotidien.
Je n’avais pas l’habitude de ses absences répétées. Et malgré le fait de savoir l’importance que cela représentait pour lui je ne comprenais pas toujours pourquoi autant d’entrainement, d’acharnement.
Je trouvais cette préparation excessive, disproportionnée etje me sentais presque mise à l’écart.
Aujourd’hui après avoir vécue cette délicieuse expérience et aventure, j’ai enfin les réponses à mes questions et surtout retrouvé ma moitié.
Je comprends mieux maintenant les heures d’entrainement nécessaires à la préparation d’un Iron Man.
Je tiens à dire que je suis extrêmement fière de lui, non seulement pour avoir supporté mes incompréhensions mais aussi par ce qu’il a su montrer sa force physique et une incroyable force mentale qui lui ont permis de devenir un nouveau finisher avec seulement un an de préparation. »
C’est une nouvelle page de sa vie qu’a écrit Christophe Charpin dossard N° 909 sur la ligne d’arrivée.
C’est sûrement ça l’âme des Iron man, de belles et simples histoires de la vie qui se mélangent aux exploits sportifs de plus haut niveau.
Impossible de conclure ce récit sans adresser un énorme merci aux organisateurs d’avoir accepté que Sonia et leur fille Celia franchissent avec leur champion cette fatidique ligne d’arrivée.
Encore merci à vous tous ne nous avoir fait vivre de si belles émotions.
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