Douze heures après être parti de Paris dans le froid, (au total 23 heures d'avion), me voici à Hong Kong dans une moiteur torride. Quelques palabres et tergiversations douanières plus tard, direction Haikou sur l'ile de Hainan au sud de la Chine après 1 heure de vol.

Le traducteur nous attend, moi et mon coloc, le Français Christophe Sannier, groupe d'age venu faire le 70.3 le même jour que l'Ironman. Arrivés à l'hôtel de l'organisation, et 1ere plongée dans ce pays où l'on se retrouve avec 2 personnes pour s'occuper de chacun de nous. L'accueil est remarquable et l'on sent bien chez ces gens là, l'envie de faire plaisir et de rendre la vie facile aux arrivants. Le seul souci se situe au niveau de la langue, mais il y a toujours quelqu'un pour parler anglais : n'est ce pas Christophe ?

Petit décrassage le soir de 30' à pied, puis direction le buffet, (copieux), et le lit tant attendu après quasi 24 h sans sommeil.

Mercredi, entraînement vélo dans, si ce n'est des décors de rêves, des paysages innatendus, qui reflètent d'une certaine pauvreté. Les routes, bien que nettoyées toute la journée au balais par des femmes, sont un véritable capharnaüm, tant il y a des vélos dans tous les sens, des bus qui stoppent au milieu de la voie et des paysans tirant des boeufs munis d'énormes cornes, le tout dans un concert de klaxons. Nous rentrons, tout content d'avoir évité une crevaison. Il commence à faire chaud et malgré tout on ne voit pas le soleil, bizarre !

Les athlètes (pros et autres), commencent à investir l'hôtel et c'est dans une ambiance sereine voire décontractée que nous partons récuperer nos dossards.
Le jeudi sera consacré à la reco des parcours avec en premier, la visite du parcours natation, assez stupéfiante je dois dire. Il s'agit d'un parcours en forme de "Y" à faire 4 fois avec 3 sorties à l'austalienne. 1 aller à 3 mètres de la plage, courant contre, et retour un peu au large avec le courant.... vous avez dit éxotique ?

Pour le vélo, c'est simple, vous prenez une autoroute de 90 kilomètres, vous fermez 2 voies et vous avez un parcours à faire soit 1 fois soit 2 fois, avec juste un passage typique dans un village pitoresque, en bosse (5 km).

La CAP est constituéé d'une ligne droite également (à faire presque regretter la partie pédestre Niçoise du temps où l'on faisait demi tour à l'aéroport), l'arrivée étant située dans un grand parc du centre ville.

Vendredi, farniente sur la plage de l'hôtel, et l'on commence à ressentir une chaleur moite qui fait que lorsque l'on bouge un peu, on transpire de folie. Les soucis de décalage horaire se font sentir et le soir nous ne trouvons pas le sommeil avant 3 ou 4 heures du matin. La clim' de la chambre turbine à fond car le vent qui s'est levé depuis 2 jours amplifie le sentiment de chaleur. Le check in vélo du samedi fut un grand momment de rigolade (bienvenu toutefois) car nous embarquions dans des bus locaux avec nos vélos et nos sacs pour une dizaine de kilomètres jusqu'au parc à vélo. Peu soucieux de nos vélos, les chauffeurs conduisaient à bloc sur ces routes en mauvais état. Courte nuit, et petit déj matinal (4h), pour ce qui sera notre 1er Ironman et half Ironman sur le sol chinois. Christophe est un peu stressé et pose d'innombrables questions.


THE RACE DAY

Départ pour moi à 7 heures où l'on vient d'apprendre que le départ s'effectuera 5 par 5, toutes les 5 secondes ! Si cela paraît stupéfiant au 1er abord, on s'apercevra que ça regule mieux le flot de nageurs sur ce court espace, et le temps est pris au bord de l'eau sur le tapis. 1ere mésaventure perso, je déchire ma combi en la mettant, et je suis obligé de couper la manche, ce qui a comme effet, en plus d'etre facilement reconnaisable, de me faire prendre un max d'eau. J'effectue néanmoins mes 4 tours à peu près réguliers (17 et 18') et sors, transitions incluses en 1 h 13'
Je commence alors à comprendre pourquoi un des innombrables bénévoles à la sortie de l'eau insiste pour me couvrir de biafine. En effet, le vent souffle fort et fait oublier qu'il fait très chaud (35° le matin et 39° l'après-midi).

Pourtant, très vite je m'aperçois que j'ai des bonnes jambes et me voila parti pour le 1er tour de 90 kilo.

Pendant ce temps, mon nageur de coloc, fait le show sur le 70.3 et sort de l'eau le 1er en 24', ce qui fait dire au speaker : mais où sont les pros ? En effet, ils sortent en 27' et c'est ainsi que pour son premier half ironman Christophe Sannier part en vélo en première position.

Perso, je remonte un max de coureurs et termine le premier tour en 2 h 45. Le début du 2éme est plus dur et il faut vraiment que je puise dans mes ressources pour arppenter ces lignes droites dans le vent, où, et c'est assez rare pour le souligner le drafting est absent. Je traverse un village en bosse où les gens sont tous acquis à notre cause, notamment les enfants, mais ne bougent pas d'un poil. On est loin du tour de France. J'allais rentrer en 5 H 30' quand à 10 kilomètres de l'arrivée une crevaison a raison de mon chrono. Je perds à peu près 8' et pose le vélo en 5 H 39'. A ce moment là, je suis 9e de ma catégorie. Pendant ce temps Christophe se fait reprendre en vélo et part à pied en 10e place.

Mon départ au marathon me fait craindre le pire pour la suite de la course. Blanc de biafine comme un clown, je pars dans le vent à 10 km/h, et je me rends compte que, outre je crame lentement mais surement, je ne pourrais guère avancer plus vite tant je suis scotché à la route. Seul sur une ligne droite interminable, je vais chercher le demi tour et me refait un peu sur le retour vers la ville d'autant que "ça pète de tous les cotés" ; malgré tout je sais à ce moment-là que l'absence de sorties longues en CAP depuis le mois de janvier va cruellement me pénaliser et je vais vraiment aller chercher au plus profond de moi même pour me persuader de ne pas bacher, d'autant que je croise de + en + de mecs de ma caté, notamment des Japonais (qui sont des gros tricheurs) dossards sous la tenue et numéros enlevés.

Depuis le 35e kilo, c'est marché - courir et après un passage dans une rue populaire de Haikou, (où il faut en plus gérer la circulation des mobylettes électriques), je rejoins le petit pont typique chinois qui me mène à la ligne d'arrivée après 4 H 40 au marathon.

Ma périostite ne s'est pas réveillée cette fois, mais l'absence d'entraînement ne m'a pas permis de hausser mon niveau à pied. Heureux malgré tout d'en finir en 11 H 42' d'effort, je rejoins les massages en chaise roulante. Au final je suis 89e sur 400 (et 259 finishers) et 15e dans ma caté sur 63 (et 44 finishers). Je ne peux pas être décu, car je n'avais pas les moyens à pied de rivaliser et malgré tout, quoi que l'on en pense, ce n'est pas une course facile, d'autant plus que le nombre élevé de slots attire de + en + de triathlètes vraiment prêts. Pour exemple, l'an dernier avec un temps similaires (et même si les conditions étaient plus dures en avril), je rentrais dans les 5 premiers de ma caté. La Chine paradis pour slots ?

En tout cas, je conseille de venir avec un gros travail en CAP effectué en amont car cela peut être vite une galère. Sinon le dépaysement est total sur une île que je croyais balnéaire mais qui n'a rien de touristique et qui m'a fait découvrir des choses que je ne pensais pas voir un jour. Je garde toutefois l'image de ces enfants, nez coulant, (voire dégoulinant), nous faire des sourires et nous taper dans les mains sur quasi tout le parcours pédestre.

Pendant ce temps, Christophe fait son bonhomme de chemin, et pour son 1er 70.3, finit 18e au général et 3e de son groupe d'âge, gagnant par la même occasion son slot pour Clearwater. Avec sa natation et un peu de spécifique en CAP je suis sûr qu'il va faire une perf aux Etats Unis !

numéro en cours

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1 Commentaire

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Féfé (qui l\'a fait !!!! bravo bravo) a écrit le 17.04.2010 16:07 answer email

Merci c'est sympa et en entier en plus !!!!!!!

j'ai pas de news de la cyclo ? normal ?

A bientôt FF

answer to comment #1