Half Challenge Barcelone - Christian Largier, triathlète pro d’un jour
17-05-2010 10:30:41Christian Largier, dit « Kiki », n’a pas entamé son expérience dans le monde du triple effort comme Monsieur Tout le Monde. À 32 ans, pompier de métier à Clermont-Ferrand, il portait hier matin le dossard 19 de la catégorie professionnelle. Le choix n’est pas venu de lui-même. C’est un ami qui a motivé Kiki à venir, dans un premier temps, participer à un stage d’entraînement à Calella en février puis à prendre le départ du challenge Barcelone – Maresme aujourd’hui. Journée agitée pour Kiki entre houle maritime et course à pied monotone, il a quand même trouvé un peu ses repères sur le parcours vélo. Désormais, l’homme des montagnes connaît le triathlon de l’intérieur et nous dévoile au tac au tac son histoire et le déroulement de sa course.
Trimag : Le Half Challenge Barcelone chez les Pros ?
Kiki : Ma rencontre avec Gaël, revenu à Clermont-Ferrand depuis son choix d’arrêter le triathlon en tant que professionnel a occasionné notre rencontre. Nous avons sympathisé, il m’a raconté plein d’histoires sur ses périples et nous avons beaucoup roulé à vélo ensemble. Il m’a motivé pour participer au stage de tri qu’il organise à Calella au mois de février. Lors du stage, je me suis pas mal débrouillé, ou avais l’impression de… Et Gaël a continué à me pousser vers la compétition. J’ai accepté ses arguments et été séduit par les triathlètes rencontrés au stage, leur passion sportive, ce qui m’a mis dans l’ambiance. Étant donné que j’ai un passé sportif avec des bons résultats, je me suis laissé entraîner par le Challenge. Mais c’est encore une fois Gaël qui m’a inscrit dans la catégorie Pro avec mon accord, bien entendu. J’ai dit « oui » à Gaël et regretté la minute d’après. Trop tard, je suis quelqu’un d’une seule parole et prêt à honorer le défi.
Trimag : La natation ?
Kiki : Dès le départ, j’étais très impressionné par l’engouement engendré par les professionnels. Nous sommes partis à la première vague, les yeux des spectateurs étaient rivés sur nous, les cris, les encouragements, tout ça était incroyable ! Après les premiers 100 mètres de natation, je me suis rendu compte de ma bêtise. Je ne suis pas du tout nageur. Être à ce moment-là dans la mer, sans avoir les moyens d’assurer la performance attendue relative à mon numéro de dossard me gênait. J’ai senti cette gêne jusqu’au bout, doublé d’une petite honte en sortant de l’eau. J’ai passé par tous les états, maudit Gaël, essayé de me concentrer pour ne pas me noyer et ne pas perdre les repères. Les autres nageurs me doublaient. C’était terrible, mais enfin, je suis content d’avoir terminé la natation et aussi la course.
Trimag : Le vélo ?
Kiki : Me voilà en terrain connu. Ça m’a donné de l’énergie ! J’ai commencé à doubler mes adversaires, garder un bon rythme, m’éclater ! Évidemment, croiser les Pros dans l’autre sens avec peut-être 25 minutes d’avance m’a fait rougir… D’autant plus que je sais ce que ça veut dire de prendre 5 minutes à quelqu’un à vélo, l’effort que cela représente. Mais les 90 Km du parcours vélo furent un vrai bonheur. J’aime les courses de vélo pour son côté tactique. Je le pratique actuellement en FFC 2e catégorie avec un bon niveau. En triathlon, c’est tout autre chose. On est seul et comme mon expérience en Trail, je trouve qu’il n’y a pas vraiment de tactique, mais plutôt de la force physique et mentale.
Trimag : La course à pied ?
Kiki : Lorsque j’ai vu les lignes droites du semi marathon, ma tête a commencé de nouveau de cogiter sans arrêt. Quel dommage ! Pour moi qui suis un homme de la course à pied… Par le passé, j’ai terminé la mythique Course des Templiers à la 2e place et été dans l’équipe Salomon durant 2 ans. Alors, ma frustration était grandiose. Encore une fois, j’ai terminé la course et suis heureux de partager ce soir une joie commune avec mes collègues de stage. C’est sans regret ! Et si un jour, je tente un autre triathlon ça sera avec un entraînement tentaculaire en natation et une sérieuse mise à niveau à pied. Alors là, qui sait ? Embrun ou Nice ? L’idée me plait bien !
Par Juliana Frechin, à Barcelone





